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Qui étaient les réfugiés espagnols dans le Lot ?

Une partie des archives de l’OFPRA est désormais en ligne.

Manuel B., né en 1914 à Mérida, entré en France en 1939, profession maçon, marié, résidant rue du Portail Alban à Cahors ; Rafael G., né en 1913 à Tahal, entré en France en 1949, profession carrier, célibataire, résidant rue Caviale à Figeac ; Alberto B, né en 1889 à Villalobar, entré en France en 1946, profession manœuvre, résidant Grand Rue à Gramat, notification de rejet le 25 février 1954…

De milliers de fiches résument ainsi en quelques lignes et quelques numéros de classement administratif des milliers de vies. 201 fiches pour les intéressés ayant Cahors comme dernier domicile connu, 136 pour Figeac, 42 pour Saint-Céré… On est rapidement pris de vertiges quand on pénètre, ne serait-ce que numériquement, dans le fichier des 185 646 réfugiés espagnols conservé et désormais mis en ligne _ depuis le 30 mars dernier _ par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Nul besoin d’être historien pour savoir qu’une grande partie de ces réfugiés, après avoir passé la frontière, se fixa dans le quart sud-ouest de la France. C’est dire si certains de ces réfugiés et surtout leurs descendants ont vécu et vivent toujours en Occitanie et, en l’espèce, dans le Lot… Quand bien tous ne furent pas naturalisés, certains même demandant, sans doute après s’être assurés  qu’ils ne risquaient aucune mesure coercitive, à rentrer au pays…

L’exil s’est poursuivi bien après la guerre

Ce travail colossal de numérisation des fiches a été initié et mené à bien dans le cadre d’un accord entre les administrations des deux pays, l’Espagne e la France, et concerne « toute personne d’origine espagnole s’étant adressé à l’Office central des réfugiés espagnols (OCRE) entre 1945 et 1952 ou à l’Ofpra à partir de sa création en 1952 », précise l’organisme. Qui ajoute : « Seules les fiches non-librement communicables (pour des personnes ayant déposé leur demande d’asile après le 29 décembre 1978) sont exclues de la mise en ligne. »

Le fait est par ailleurs qu’une partie des réfugiés a conservé ce statut jusqu’en 1979, 1980 et 1981, sachant qu’après cette date, il n’y avait plus lieu d’invoquer ce statut avec le rétablissement en Espagne d’une démocratie représentative.

Sur l’échantillon que nous avons analysé, dans le Lot, une majorité des Espagnols étaient entrés seuls ou en famille en 1939 sur le territoire français. Une proportion non négligeable n’a pas été naturalisée (mais leurs enfants ont pu l’être).

Une partie de la numérisation de ces fiches tapuscrites (tapées à la machines) avec parfois des ratures ou des mentions manuscrites a été réalisée via l’Intelligence artificielle. C’est pourquoi par exemple certaines adresses comprennent des erreurs, a fortiori quand étaient en vigueur des usages du genre « Espère par Mercuès ».

Mais attention ! Ce fichier en ligne déjà si précieux pour les descendants, les généalogistes et les historiens, qui ont ainsi accès à quatre décennies de destins d’exilés, n’est que la partie émergée de l’iceberg : seul le fichier a été numérisé. Les dossiers complets correspondant aux fiches des réfugiés ne sont disponibles à la consultation que sous format papier en salle de lecture… Ils comprennent les documents administratifs, les courriers, des renseignements personnels et/ou médicaux, des photos… C’est pourquoi, pour y avoir accès, il faut se rendre au siège de l’OFPRA, à Fontenay-sous-Bois (il est conseillé de se renseigner au 01 58 68 10 10). A noter que pour consulter le fichier des quelque 185 000 fiches de réfugiés, il est impératif de s’inscrire en ligne. Voir le site de l’OFPRA ici.

Ph.M.

Photos : Les réfugiés ont continué à gagner la France (et le Lot) bien après la Retirada… 

Musée national de l’histoire de l’immigration et exemple fiche OFPRA.

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