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Quand les criminels étaient « exposés » au carrefour d’Espère


Où il est question du #Lot et des #Lotois sur les réseaux sociaux.

Notre confrère Chris Bockman possède un CV long comme le bras. Il a d’abord débuté en 1993 comme reporter pour la prestigieuse chaîne CNN aux Etats-Unis, puis à compter de 1997 il a œuvré pour le groupe GMTV qui fournit des programmes au Royaume-Uni, avant de rejoindre en 2001 la rédaction d’Euronews installée à Lyon. Un an plus tard, visiblement épanoui en France, il décide de créer sa propre agence à Toulouse et devient correspondant pour le « sud-ouest » de plusieurs médias de choix comme la BBC et l’agence Reuters… Cette semaine, un de ses reportages a été diffusé sur BBC World : il est consacré à LOL, le fameux chien d’assistance judiciaire du tribunal de Cahors qui permet aux victimes de violences (notamment sexuelles) de vivre la procédure de manière apaisée. Une expérience formidable dont le succès depuis depuis deux ans est appelé à être décliné dans d’autres villes… Mais l’ami Chris est également un homme de plume. En 2018, il a livré ses souvenirs dans un livre titré « Are you the foie gras Correspondent ? Another slow news day in South West France » que l’on peut traduire par « Vous êtes le correspondant du foie gras ? Une autre journée de nouvelles lentes (ou sans histoire) dans le sud-ouest de la France ». Dommage qu’à ce jour, l’ouvrage n’ait pas été traduit mais à en lire les critiques flatteuses parues en Grande-Bretagne, le regard de Mister Bockman et son humour so british valent leur pesant. Il sait décrire les us et coutumes des habitués des marchés aux truffes, des cadors de l’aéronautique ou des matchs de rugby à la française comme personne. Evidemment opposant au Brexit, il a décidé de rester dans l’Hexagone. Ravi de vivre en Occitanie, il dépeint aussi des facettes parfois plus dramatiques de l’actualité d’ici (comme l’affaire Merah). Pourtant, la douceur de vivre de notre région l’a définitivement séduit.

Sans transition, ce fait divers trouvé dans un numéro de la revue de la Société des Etudes du Lot paru en 1891. Il y est fait mention d’une communication portant sur un crime commis en 1727. On vous laisse
« juge », si l’on ose dire, mais le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’à
l’époque, on n’y allait pas par le dos de la cuiller s’agissant de punir les coupables et d’édifier le bon peuple. Lisez plutôt : « M. Combarieu donne lecture d’un procès criminel qui eut lieu en 1727. Michel Valran, procureur du roi à Gourdon, avait été assassiné d’un coup de fusil. Deux individus, Bouygues et Lacoste, furent soupçonnés injustement et passèrent quinze mois en prison. Ils auraient peut-être été condamnés sans l’arrestation d’un certain voleur dit lou Poulidou, qui déclara avoir été témoin du meurtre, et que l’assassin était Jean Revel, dit Peyret. La cour prévôtale de Cahors condamna celui-ci pour vol, n’ayant pu le convaincre juridiquement d’assassinat, à être roué vif, sur la place de la Conque à Cahors, et puis exposé au carrefour d’Espère. Mais auparavant il devait être soumis à la question ordinaire et extraordinaire dans une salle du Chateau-du-Roi, pour obtenir l’aveu du crime d’assassinat. On réussit et il avoua après la question ordinaire. Une clause secrète du jugement permettait d’étrangler le criminel avant de le mettre sur la roue. »

Pour vous remettre de vos émotions, attardez-vous sur ces belles photos de patrimoine (qu’il soit lotois ou d’ailleurs) que poste sur Twitter Amaury de Cosnac. Nous, on a apprécié par exemple cet escalier du château de Montal dont « chaque marche est entièrement sculptée au revers ».

On a encore noté ce reportage sur un métier très spécialisé : batelier au sein du gouffre de Padirac (notre Venise souterraine en quelque sorte).

Concluons ce rendez-vous par cette pépite repérée avec retard. A l’occasion de la récente visite du président Macron à Saint-Cirq Lapopie, l’INA avait en effet ressorti un reportage tourné dans le village lotois quelques jours après la mort d’André Breton, à l’automne 1966. Aubergistes, artisans, responsables associatifs disaient leur tristesse et relataient quelques souvenirs : quand le poète venait boire son verre de vin blanc en fin de journée ou quand il discutait des événements du jour avec ce fabricant de robinets en bois, qui travaillait comme au XIIIème siècle, et qui se disait proche « idéologiquement » du fondateur du surréalisme…

Visuel @DR

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