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Quand il fallait 27 heures de marche pour aller de Divona à Tolosa

Le « Google Maps » de l’empire romain répertorie 300 000 km de routes.

Nous sommes au milieu du IIème siècle de notre ère. Il faut alors 27 heures de marche pour rallier Tolosa (Toulouse) depuis Divona (Cahors), soit un peu plus de 100 km, ou encore 54 heures en tirant une charrette à bras, 24 heures à dos de mulet et 18 heures (seulement) quand on a le privilège de voyager à cheval.

S’appuyant dans certaines régions, comme en Gaule, sur des réseaux pré-existants qu’ils ont renforcés et enrichis, les Romains peuvent s’enorgueillir d’avoir réalisé quelque 300 000 km de routes. Rome règne alors sur la majeure partie de l’Europe mais aussi sur l’essentiel du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.

Posséder un tel maillage de communication permet d’assurer le contrôle politique et militaire de ce vaste empire mais contribue aussi à la diffusion de la culture, et à l’essor du commerce. Mieux, ces voies dont quelques sections sont toujours visibles de nos jours, sont synonymes de désenclavement à une époque où les grands défrichements entrepris notamment par les moines puis les serfs n’ont pas encore eu lieu.

Grâce au travail colossal… ou plutôt de Romains d’une équipe internationale d’archéologues et d’historiens spécialistes de l’Antiquité, un atlas interactif présentant ces 300 000 km de routes (principales ou secondaires, comme de nos jours) est désormais en ligne. Il s’agit ni plus ni moins, que l’équivalent d’un « Google Maps » version 150 après Jésus-Christ. En l’occurrence, nous sommes à cette date à l’apogée de l’Empire. A noter, comme le soulignent nos confrères de Slate, que « cette cartographie distingue trois catégories de routes selon le degré de certitude de leur existence: 2,7% sont attestées, 89,8% sont considérées comme probables, et 7,4% restent hypothétiques. En tout, ce sont plus de 14.000 segments qui ont été cartographiés, chacun évalué selon des critères topographiques et historiques ». Toujours est-il que l’outil ainsi en ligne (à l’adresse «  itiner-e.org ») augmente de 100 000 km le total des voies romaines jusqu’alors recensé. Et l’on reste songeur quant à l’aspect fondamental et fondateur dans l’histoire de ce réseau, durant deux millénaires…

Ce site reflète aussi à quel point la révolution numérique peut se révéler une merveille en terme de pédagogie (avec un aspect ludique incontestable) et de diffusion des connaissances.

Pour revenir au Lot, où des fouilles continuent d’avoir lieu (pour l’essentiel en milieu urbain, comme à Cahors au niveau du futur campus de santé), le site visualise le statut central de Divona d’où les voies desservaient l’équivalent de l’actuelle RN 20 ou les routes longeant la rivière, sans compter un axe vraisemblablement plus important qu’aujourd’hui menant vers Segodunum, c’est-à-dire Rodez et l’Aquitaine au nord-ouest via Vesunna (Périgueux).

Ph.M.

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