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Pern : Hommage à l’artiste Maurice Auger dit « Kléber »

Il vient de nous quitter. 

Maurice Auger s’en est allé le 11 février dernier à l’âge de 80 ans. Difficile de résumer en quelques lignes le riche parcours artistique, débuté en 1972, de celui que beaucoup connaissaient sous le nom de Kléber. Peintre de la matière avec ses « tissus de mémoire », chercheur et collectionneur de terres d’ici et d’ailleurs, organisateur d’expositions, passeur d’art et de regards, il a marqué le paysage culturel lotois et même au-delà, à l’international (Pays-Bas, Chine, Allemagne…).  

> Les Ateliers de Ventaillac

En 2014, avec sa femme Martine Auger, également artiste, il réhabilite une ancienne grange à Pern pour en faire un atelier et un lieu d’exposition : les ateliers de Ventaillac. Ce qui ne devait être au départ qu’un espace de travail devient rapidement un vivier artistique bouillonnant, un espace libre, amical et intime. « Nous voulons soutenir les artistes vivants. Les lieux d’exposition sont rares sur le territoire » affirmaient alors Maurice Auger. Peintres, sculpteurs, photographes, plasticiens, illustrateurs, calligraphes… s’y succèdent, dans une atmosphère simple et chaleureuse où la culture se rend accessible à tous, même à ceux qui ne se sentaient pas familiers des mouvements artistiques contemporains. Maurice ne se lassait jamais de raconter son cheminement, d’expliquer ce qu’il cherchait à faire transparaître dans ses œuvres, ou de défendre avec conviction les artistes qu’il choisissait d’exposer. Lors des vernissages, on croisait un public aux horizons très divers, attiré autant par le lieu que par les œuvres, et surtout heureux de pouvoir faire des rencontres et d’échanger avec les artistes.

> Sa démarche artistique

Maurice Auger a abordé différents supports : la peinture, la matière, l’aquarelle mais ce qui le caractérisait c’est sans contexte ses « tissus de mémoire ». Dans sa démarche artistique, la matière jouait un rôle principal. Il a travaillé sur des sacs postaux usagés qui représentaient pour lui « des espoirs transportés : « Ils portent des rides, des plaies, des cicatrices. » Et ce support n’était pas anodin : « Ce choix est lié à mon histoire personnelle : mon père a été tué à la guerre et ma mère était gérante d’agence postale. Ces sacs deviennent pour moi des fragments de mémoires familiales et collectives » La terre occupait aussi une grande place dans la réalisation de ses tableaux. Lorsqu’il faisait visiter son atelier, il aimait montrer les différents pots avec les terres récoltées aux 4 coins du monde. Lors d’une interview, il confiait : « Je travaille la terre brute comme pigment, en essayant de préserver sa couleur originelle ». Tout avait une symbolique car au travers de son œuvre Maurice Auger cherchait également à aborder des sujets sociétaux, géopolitiques en les inscrivant dans les différentes matières qui composaient son tableau. Il souhaitait par là, interpeller, interroger… 

> Une démarche collective

Pendant des années, il a été président des Amis de la Maison Jacob, où il a organisé de nombreuses expositions. Il a fait partie aussi du Forum du Lot d’Art Contemporain, un collectif d’artistes né en 1987. Une association qui s’inscrit depuis plus de 38 ans dans le paysage culturel lotois en proposant des expositions, des interventions dans des lieux publics et privés allant même jusqu’à  organiser des échanges internationaux afin de confronter les différentes approches artistiques.  Maurice Auger a aussi orchestré « l’art en chemin » : un parcours d’environ 7 km, autour de Pern, mettant en lumière les artistes du territoire qui ouvraient pour l’occasion leur atelier.

Que les traces qu’il a inscrites dans les terres, les toiles et les mémoires restent des passeuses de mémoire pour les futures générations. 

Medialot présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. 

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