Portrait d’une Cadurcienne qui travaille pour le service voyage du quotidien.
À 18 ans, Iman Benotmane quitte Cahors avec une idée en tête : celle de devenir journaliste. Quelques années plus tard, elle paraphe son Master II à l’École Supérieure de Journalisme (ESJ) de Paris et signe une alternance au Figaro. Entre prêt étudiant, stages non rémunérés et expériences dans plusieurs grandes rédactions, son parcours s’est construit à force d’audace et de détermination. Jusqu’à sa majorité, Iman reste à Cahors où elle étudie au lycée Clément Marot. Elle choisit la spécialité littéraire, un choix qui reflète déjà son ambition de devenir journaliste. Mais pour elle, une petite ville comme Cahors n’offre pas les opportunités nécessaires pour réussir dans le journalisme. « C’est une ville où il y a très peu de médias. Ici, les opportunités se trouvent plutôt dans les métiers du social ou de la santé » explique-t-elle.
Iman part étudier en licence d’histoire à l’Université Toulouse-Jean-Jaurès. Une formation destinée à lui apporter de la culture générale. Après trois ans et le diplôme en poche, elle vise une école de journalisme. Mais les frais de scolarité sont très élevés. Elle décide de se donner une année pour travailler et économiser. Un pari risqué, selon elle. « On me disait que lorsqu’on commence à entrer dans le monde du travail, on en sort très rarement et on a du mal à reprendre des études » confie la jeune femme. Finalement, face aux difficultés d’économiser assez d’argent, elle décide de contracter un prêt étudiant.
> L’audace en guise de tremplin
Au « culot », elle décide d’écumer les offres de stages dans le domaine du journalisme et tombe sur une annonce d’un magazine. Alors sans école lui permettant de l’aider dans ses démarches, elle tente le pari. Elle envoie sa candidature, passe l’entretien, et décroche six mois de stage, non rémunérés. « J’ai réussi l’entretien mais je n’avais pas d’école pour être conventionnée. Le recruteur m’a quand même fait confiance car j’étais motivée et passionnée. », résume-t-elle. Une décision pleine d’audace qui marque un tournant dans sa jeune carrière. Au sein de la rédaction, elle débute par des retranscriptions d’interviews. Un travail de l’ombre, mais formateur. Elle y rencontre des personnalités influentes et découvre les exigences du métier.
> Les débuts de la formation au journalisme
Après cette première expérience parisienne, Iman se sent prête pour passer à l’étape suivante. En 2023, elle intègre l’ESJ Paris pour parfaire sa formation. Dès lors, elle enchaîne les stages dans des rédactions reconnues. D’abord Ouest-France, où elle s’initie au secrétariat de rédaction puis TF1 où elle travaille le montage et l’écriture de scripts d’émissions télévisées. À la fin de l’année, elle rejoint RTL, où elle participe à la production de podcasts et d’émissions comme « Ça peut vous arriver » de Julien Courbet ou « Les Grosses Têtes » de Laurent Ruquier. C’est au sein du quotidien Le Figaro, qu’Iman Benotmane poursuit aujourd’hui son parcours, en alternance pour le service Voyage. Une rubrique qui l’amène à tester des lieux, enquêter sur des destinations et traiter des sujets mêlant tourisme et actualité. D’une croisière sur le Nil à un palais de Marrakech en passant par des musées, la jeune journaliste découvre des univers variés tout en gardant un oeil professionnel. Elle précise : « Le but n’est pas de faire de la publicité, lorsque l’on vient tester des choses il faut que cela soit fait objectivement. ».
> Un avenir flou mais éclairci par la passion
Consciente de la sélectivité du milieu, Iman sait que l’avenir reste incertain. Intégrer durablement une rédaction comme Le Figaro représente un défi de taille. « Après mon alternance le gros doute c’est de savoir si je vais trouver un CDI, car c’est un domaine où il y a peu de place et c’est difficile d’accès. », confie-t-elle. Malgré ces doutes, une certitude demeure : la passion. À ceux qui rêvent de devenir journaliste, elle conseille d’oser, de multiplier les stages et de proposer son aide, même lorsque les portes semblent fermées. Un parcours façonné par l’audace, qui l’a menée de Cahors aux grandes rédactions nationales et dont le prochain chapitre reste à écrire.





