Des appellations contrôlées à défaut d’être très originales.
Se présenter est une chose, et c’est déjà très bien, notamment dans les « petites » communes où la nouvelle loi n’a pas forcément facilité les choses. Mais une fois les colistiers réunis, faut-il encore donner « un libellé » (c’est le terme du ministère de l’Intérieur) à la liste. D’où ce tour d’horizon, avec d’avance nos excuses si les mystères de l’informatique ont fait que nous avons pu oublier une liste par-ci par-là : mais les ordre de grandeur sont bien là…
27 listes avec le mot « demain » et 34 avec le mot « avenir » : dans le Lot, les listes traduisent volontiers une volonté de se projeter. Mais comment ? En marchant du même pas. C’est pourquoi 20 listes utilisent le terme « unis », 11 autres son cousin « union » et une seule une autre déclinaison, « réunir ». En revanche, pas moins de 76 (c’est un record!) font appel au mot « ensemble ».
Bien évidemment, dans certaines localités, les deux concepts sont associés. A Peyrilles, par exemple, la dénomination de l’unique liste en lice est ainsi « Unis pour demain ». C’est clair, net, précis, à défaut d’être original. A Saint-Hilaire, on est très proche de la même idée, avec ce slogan : « Construire ensemble l’avenir de Saint-Hilaire… »
Ce qui permet d’ajouter une notion, un concept revenant également très souvent dans les dénominations des listes : la volonté d’« agir » (ou de « construire », ou de « bâtir »). Et surtout de « vivre », tout simplement. Et si possible bien, comme à Calès : « Bien vivre à Calès ».
Voilà qui invite à enchaîner sur une autre thématique : on n’hésite pas à parler de « village ». Comme s’il s‘agissait d’un bien commun que l’on devine fragile et que l’on s’engage à protéger, à préserver.
Le choix de la simplicité
Reste ce grand classique, cette technique de communication (qu’elle soit conseillée par un professionnel ou qu’elle s’impose intuitivement) : choisir une dénomination se limitant à un ou deux mots. Ça claque, ça percute, et ça résume tout : on pense à Payrac où la liste unique a été baptisée « Payrac 2026 » ; même chose à Bannes ou à Cennevières. Nous avons en revanche relevé quelques formules jadis très en vogue mais désormais bien moins usitées comme les Listes de « défense des intérêts communaux ».
Fallait-il enfin saluer quelques idées nouvelles ou des appellations un brin audacieuses : à Lavercantière, en des temps où l’on remarque de plus en plus souvent des opposions entre ruraux de toujours et néo-ruraux (ex-citadins venus s’installer à la campagne), on plaide ainsi pour le consensus : « Pour une ruralité partagée ». Et à Lherm, on enfonce le clou : « La confiance ancrée dans une ruralité et un patrimoine en mouvement ».
Toujours est-il que les candidats lotois ont effectué, généralement, des choix similaires à ceux des autres départements et régions. Sur l’ensemble du pays, selon nos confrères de Ouest-France, sur 50 478 listes, les mots revenant plus fréquemment sont « Ensemble » (employé plus de 13 000 fois), « avenir » (5 189), et « vivre » (4 390)…
Rien de plus logique, au fond, ainsi que le confirme Pierre Alibert, co-fondateur de l‘agence de communication CorioLink, interrogé par Le Journal des Maires : « Le nom de liste doit fonctionner comme signe de ralliement passant outre les clivages politiques. » Mais il note : « Pour faire réellement sens, le nom de liste ne peut vivre seul et doit représenter un programme, une ambition. »
Ph.M.





