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Matinée Octobre Rose à l’Hôpital Saint-Jean

Randonnée commentée à Cressensac-Sarrazac. 

En ce samedi 10 octobre 2026, un peu avant 9 h, Jean-François Salze a pris la parole dans la salle polyvalente de l’Hôpital Saint-Jean afin de présenter, pour la troisième année consécutive, une nouvelle matinée consacrée à Octobre Rose. Il a remercié les 60 personnes présentes. Il a aussi mis en lumière tous ceux ont organisé cette matinée, l’équipe de la Maison de santé qui a agréablement décoré la salle et préparé une collation à l’issue de la marche familiale, la mairie avec un remerciement particulier à l’équipe des cantonniers qui ont débroussaillé certains chemins pour le plus grand confort des promeneurs du jour et enfin l’association Sentiers et patrimoine de Cressensac, organisateur de la marche. Agnès Dulout qui exerce à Brive et Souillac a pris la parole pour expliquer que la maladie, c’est l’occasion de prendre du temps pour soi, de s’occuper de soi, de faire les choses que l’on aime et surtout de s’entourer de personnes positives. Elle propose un espace chaleureux pour accompagner les personnes durant chaque étape de leur combat, hors du parcours de soin et en toute intimité. Elle a aussi évoqué ces pratiques douces qui allient gestes esthétiques et accompagnement humain avec une pensée pour les personnes touchées par la maladie, la fatigue, la douleur la solitude ou un changement de vie.

Le docteur Florence Magand a poursuivi cette intervention en revenant sur la nécessité pour chaque femme de régulièrement pratiquer l’autopalpation du sein. C’est un examen que chaque femme peut réaliser chez elle, sans aucun matériel ni connaissance médicale particulière. L’autopalpation consiste simplement à palper soigneusement sa poitrine à la recherche d’éventuelles anomalies.

Jean-François Salze a repris la parole avant d’emmener les 60 personnes présentes ce matin, randonner sur la commune. Il a évoqué l’Hôpital Saint-Jean, ce village atypique et très différent des autres autour de lui. Il n’a jamais été une commune et pourtant il a été célèbre depuis des siècles, dans un rayon de 200 km à une époque où Brive n’était qu’un tout petit village de potiers sur un gué de la Corrèze. Les gens de tout le territoire y venaient pour ses foires qui se sont multipliées au fil des siècles. L’Hôpital Saint-Jean n’a été une paroisse qu’au milieu du XIXe siècle. Avant il dépendait de la paroisse de Sarrazac. Dès la création de la Vicomté, Sarrazac va devenir peu à peu, selon Tibor Pataki, historien local enterré à Cressensac en 2000, la capitale sentimentale de la Vicomté et au moins 4 vicomtes ont été enterrés ici.

Dans les villages de la Vicomté et ici à l’l’Hôpital Saint-Jean, dès la fin du XIVe siècle, il y a eu la naissance d’une communauté rurale, c’est-à-dire une administration civile de la paroisse. Au XVIIe siècle, le seul impôt payé par les habitants à la Vicomté était taille. La taille était calculée en fonction des revenus présumés par paroisse. Turenne avait décidé de l’augmenter d’un tiers à cause des foires et marchés dont la fréquentation ne cesse de croitre. Cette mesure ne concernait pas les autres villages dont Sarrazac. Ça va râler dur dans le bourg. Les commerçants refusaient de payer et de nombreux procès auront lieu devant la cour de Montauban.

Jeudi 8 mai 1738 à la suite de la vente de la Vicomté au roi de France Louis XV, Sarrazac et l’Hôpital Saint-Jean vont faire partie du Royaume de France et donc devoir payer les impôts en vigueur et, aux surprises, pour les habitants, la taille royale s’élevat à 4 fois la taille de la Vicomté. Cette taille qui avait été, au siècle dernier, objet de polémique. 

Vers 9 h 15, après une photo de famille, les participants sont partis vers le moulin d’Antoine afin de débuter la marche familiale de 7,3 km pour un dénivelé de 120 m. Le Moulin, ce monument du patrimoine communal fédérateur de bonne humeur et de convivialité fête cette année ses trente ans. En 1993, les héritiers d’Antoine Delmas ont décidé de faire don du Moulin à la mairie de Sarrazac qui a confié sa restauration à l’association pour la Sauvegarde du Patrimoine de Sarrazac. Sous la maitrise d’œuvre Jeannot Goursat, une vingtaine de bénévoles vont durant 1200 heures de travaux réaliser une halle quercynoise pour abriter le Moulin en chêne mortaisée et chevillée à l’ancienne. Le Moulin d’Antoine est inauguré samedi 15 août 1996. Jean-François Salze a présenté ensuite sommairement les trois phases du principe de fonctionnement du Moulin. Ensuite le groupe a emprunté le chemin de Saint-Jacques puis un chemin communal pour passer devant la croix Alexandre afin d’arriver au lieu-dit Les Jolis. Cet endroit est un lieu historique important de la commune. Après avoir parlé du pigeonnier qu’on appelait colombier avant le XVIIIe siècle, il a évoqué l’existence du prieuré du colombier, à savoir une obédience ou délégation de l’abbaye bénédictine de Beaulieu-sur-Dordogne.

La troupe a poursuivi son périple vers Couzenac. En ce lieu, le guide a parlé du Rionet un ruisseau de 5,7 km à faible débit et faible pente. Ensuite ce sont 13 moulins qui ont été érigés par les moines en moins de 6 km de rivière. Une vallée riche en herbage, en vigne sur ses flancs les mieux exposés et abritée du puissant vent du nord. Il a décrit le moulin haut de Sarrazac ayant appartenu à la famille Faydit de Tersac au XIIIe siècle. A Corlat, bénéficiant du puissant ruisseau de Corlat, ce sont 4 moulins qui ont existé avec comme propriétaire jusqu’à la Révolution Française la famille Maigne qui a donné des avocats et des conseillers du Roi. A la fin du XIXe siècle. il y eut une phase de déclin avec l’arrivée des moulins industriels, des boulangers dans les bourgs et la fin des fours banaux isolés…

Sur le Pech Briat, Jean-François Salze a parlé de l’ancienne voie romaine aujourd’hui un chemin baptisé le chemin des Gnomes. Après un peu plus d’un kilomètre, les randonneurs ont traversé Plachamp avant de rejoindre de beaux chemins dans la forêt sarrazacoise.

A la croisée de plusieurs chemins, l’érudit est revenu sur le réseau routier au XIXe siècle. après avoir précisé que l’axe du trafic nord-sud s’était déplacé vers Cressensac après la vente de la vicomté au roi Louis XV et l’intervention des ducs de Noailles afin que la route principale passe par leur village. Il a fallu attendre après 1864 pour qu’on désenclave enfin Sarrazac en créant une route le long de la vallée du Rionet puis une autre vers Valleyrac. A noter que l’entretien des dessertes de ces deux bourgs a toujours été très délicat en raison de la raideur des pentes et des sols exposés au ravinement. C’est lors de la construction d’une de ces routes, vers 1860, qu’on a dû aligner les maisons de l’Hôpital Saint-Jean en détruisant au passage de nombreuses vieilles façades pittoresques.

La dernière prise de parole de Jean-François Salze s’est produite à l’entrée nord du bourg afin de présenter les quatre églises ayant existé dans le village. L’église Saint-Roch dont la construction a débuté en 1875 de style néogothique. Elle a remplacé la chapelle Saint-Roch, devenue trop petite, en mauvais état et trop près de la Grand’rue. Elle a été construite entre 1595 et 1604. Une des raisons de sa construction c’est le début du rétablissement du culte catholique après une période de protestantisme. Une autre raison est que les habitants ont décidé d’édifier cette chapelle dédiée à Saint-Roch, protecteur des malades atteints de la peste. Auparavant il existait l’église Saint-Jean la plus ancienne, elle était située près de l’ancien couvent de l’ordre de Saint-Jean au niveau de la route qui va de l’Hôpital Saint-Jean à Cressensac. Quand l’Hôpital Saint-Jean est passé protestant, elle a servi de temple pendant des années puis fut découverte et le curé de l’époque n’a jamais voulu y retourner. Elle est tombée en ruine au milieu du XVIIe siècle. et n’a jamais été reconstruite

Les guerres de religion n’ont pas provoqué de combats dans le territoire seuls autour de Gignac, la basse vallée de la Tourmente et la vallée de la Dordogne étaient des zones d’insécurité.

Une autre chapelle est attestée en 1459 : Sainte-Marguerite. Cette chapelle était située à la perpendiculaire de la route de Turenne, elle se trouvait à l’emplacement de la maison de la famille Gratias. On distingue encore les pierres de l’embase d’un des murs. Autour, il existait un cimetière en terrasses. Cette chapelle a probablement été construite en hommage à Marguerite de Turenne, fille de Raymond VII, qui a épousé Bertrand de Comminges ; elle est décédée vers 1313 en donnant naissance à une fille qui ne survivra pas. Lors de la construction de la route D87, construite dans la deuxième partie du XIXe siècle, l’utilisation de remblais a permis la découverte d’ossements, de nombreux squelettes dont la plupart étaient enterrés debout sur les pieds ou sur la tête et droits. Ces découvertes ont mis en émoi le village et le territoire.

En revenant vers la salle polyvalente, les participants de la marche ont parcouru la Grand’rue en appréciant l’emplacement du couvent de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, l’emplacement de l’église Saint-Jean, cœur historique du village, la maison hospitalière surmontée de son fanal du XIV ou du XVe siècle, l’ancien hôpital avec sa devise : certaine est la douleur incertaine est la guérison.

Après tous ces efforts il était temps de laisser place à un moment convivial remarquablement concocté par l’équipe de la Maison de Santé. Un temps agréable où le maire a pris la parole pour les remercier ainsi que l’organisateur de la randonnée commentée, Jean-François Salze. Il a souligné l’investissement dans le travail de préparation réalisé par la recherche et les explications précises et distillées avec passion au fil des arrêts.

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