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Lot : L’hommage rendu à Christian Marty 

Il vient de nous quitter. 

Christian Marty nous a quittés en ce début d’année 2026. 

Christian Chevalier, ancien responsable national du SE-UNSA, lui a rendu hommage : « C’est à un homme d’engagements que nous rendons hommage. Un militant, un homme de convictions qui fut, tout au long de sa vie, au service du bien commun et de l’intérêt général, ardent défenseur des services publics et notamment de celui de l’éducation nationale dont il était issu.  C’est au début des années 80, que nos chemins se sont croisés, lorsque instituteur débutant j’ai débarqué dans le Lot. Il était alors secrétaire départemental de la puissante FEN, la fédération de l’éducation nationale, l’incontournable organisation rassemblant en son sein l’ensemble des syndicats représentatifs des divers corps de métier dans l’éducation nationale. C’est sous sa houlette et celle de son inséparable acolyte, Yves Gineste, alors à la tête du SNI-PEGC, que j’ai fait mes premières armes dans le syndicalisme enseignant.  Une rencontre marquante si l’en est, et qui aura influencé mon propre destin. 

Christian disposait de cette qualité rare d’avoir une présence physique, une autorité naturelle qui, dès qu’il s’exprimait, captait l’attention de ses interlocuteurs. Sa voix assurée, son ton posé, sa faconde, sa pensée toujours argumentée, la finesse de ses analyses, son écoute attentive avait chaque fois pour objectif de comprendre, de débattre et de convaincre. Et cela toujours dans le respect de l’autre qu’il soit simple adhérent de la fédération, militant aguerri, inspecteur d’académie, recteur, adversaire syndical ou encore responsable politique. 

A une époque où les débats internes à la FEN étaient parfois tendus et rugueux, ces qualités et son sens de la diplomatie permettaient de trouver des voies de passage acceptables par tous. Ce fut aussi le cas, après la scission de la FEN, lorsqu’au courant des années 90, il accepta d’être le responsable académique de l’Unsa Éducation. Il fallait en effet du doigté, le sens de l’écoute et du compromis,  une autorité respectée, et disons-le aussi quelque malice pour parvenir à fédérer les 8 départements d’une académie aux cultures syndicales et aux enjeux scolaires différents, parfois antagonistes, et dépasser ainsi quelques vieilles rancœurs recuites pour reconstruire et relever un syndicalisme réformiste alors bien mal en point. Il en aura été un artisan patient et efficace.  

Christian, enfant de la république, produit de l’école publique était le porteur d’une ligne de conduite rectiligne, d’un sillon de valeurs et de principes intangibles: la justice sociale, les libertés publiques, la démocratie sociale, l’inclusion des personnes en situation de handicap, la lutte contre les totalitarismes, le racisme et l’antisémitisme, la promotion de la paix, la défense de la laïcité… bref tout ce qui fonde le projet d’une gauche sociale et humaniste. D’où son engagement et sa fidélité au parti socialiste en parallèle de son militantisme syndical puis mutualiste. 

Combien d’actions, de manifestations, de grèves, de pétitions pour défendre et promouvoir ces valeurs et ces principes? Combien de fois avons nous, avec nos collègues de l’éducation nationale, ou des services publics  arpenté le boulevard Gambetta, dans un sens ou dans un autre, fait le pied de grue devant la préfecture ou bien encore battu le pavé parisien après de longues nuits, ballottés sur les rails de la ligne Toulouse-Paris. Comme ce jour de janvier 1994, où nous nous sommes retrouvés un million dans les rues parisiennes pour défendre la laïcité et l’école de la république. 

S’il ne dédaignait pas quelques saillies anticléricales, Christian était un laïque convaincu. Son attachement à la loi de 1905 était sans faille. 

La science contre la croyance. 

L’émancipation contre la soumission. 

La libre pensée contre la servitude. 

Enseignant, il savait combien l’école était le creuset de cette nécessaire émancipation des jeunes esprits en construction et combien la laïcité est ce solide pilier sur lequel se fonde notre société de liberté et de respect de l’autre. 

Son parcours militant, sa rigueur de pensée, ses qualités humaines faisaient de lui une personnalité rare. Ne recherchant ni les honneurs ni la gloire, il est toujours resté lui même: le gars d’Autoire, pudique, bon vivant, intimement accroché à sa terre lotoise, à sa culture occitane… un être attachant, chaleureux, affable et toujours disponible. 

Il n’est qu’à décompter notre présence nombreuse et à lire la multitude des hommages qui affluent depuis l’annonce de sa disparition pour confirmer combien il aura marqué toutes celles et ceux qui auront eu, à un moment ou un autre de leur vie, cette chance de le côtoyer.

C’est un homme de bien qui s’en est allé. »

Marc Majorel, Responsable Relations Institutionnelles et ESS Occitanie Ouest, 1er Vice Président de VYV³ Terres d’OCC,  a salué sa mémoire  : « Par ma voix, ce sont aussi les militantes et militants mutualistes de la MGEN, de la Mutualité Française du Lot et de l’Union Mutualiste de la Roseraie à Montfaucon qui souhaitent aujourd’hui s’associer à cet hommage.

J’ai connu Christian en 1993. Et je peux le dire aujourd’hui sans hésiter : nos premières rencontres, comme celles qui ont suivi, je m’en souviens comme si c’était hier.

Dès le début, j’ai été frappé par sa manière d’être : une parole mesurée, une écoute attentive, et cette capacité rare à penser d’abord aux autres.

Christian savait reconnaître chez chacun une place possible et faire confiance, sans jamais forcer. Au fil des années, il a su inviter et encourager ceux qui l’entouraient à s’engager, dans un esprit de responsabilité et de service.

Son regard bienveillant et sa manière de guider permettaient à chacun de trouver sa place, que ce soit à la MGEN, à la Mutualité Française du Lot, ou encore à la Roseraie.

Ces derniers jours, j’ai reçu de nombreux témoignages de personnes que Christian avait accompagnées, soutenues, parfois aidées dans des moments importants de leur parcours. Tous disent la même chose : son écoute, sa présence discrète, sa capacité à encourager sans jamais se mettre en avant. Ces témoignages disent beaucoup de l’homme qu’il était.

Par son exemple, il a montré combien il croyait en l’autre et en ses capacités, toujours avec respect et délicatesse. À chaque fois, il agissait avec une vision claire : porter des valeurs de solidarité, affirmer un projet mutualiste différenciant, d’utilité sociale, et construire dans la durée.

Pour moi, Christian a été bien plus qu’un collègue. Il a été un parrain. Mon parrain mutualiste. Mon parrain laïc.

Tout ce qu’il a porté l’a toujours été au service du collectif, dans la recherche du mieux-vivre ensemble, dans le respect de chacun et dans la solidarité. Avec cette conviction profonde : l’engagement peut contribuer à rendre le monde meilleur.

Christian croyait à la transmission. Non pas celle des discours, mais celle de l’exemple. Il écoutait avant de parler. Et là, tous ici présents, je vous demande de repenser tous à cette situation où vous le voyez vous écouter. J’ai rarement vu une telle personne faire cela. Il avait un regard tellement attentif. Il faisait même cela avec des personnes qui n’avait pas les mêmes idées. Il était bienveillant. Toujours empreint d’humilité. Il accompagnait chacun, sans jamais imposer sa manière de faire, toujours avec son petit sourire et cette façon unique de dire les choses sans juger.

Il voyait loin.  Parce qu’il pensait dans le temps long, et savait que tout projet durable se bâtit pierre après pierre. Parce qu’il savait que ce qui compte vraiment se construit patiemment, par le travail, par l’exigence et par la fidélité aux valeurs.

Christian était aussi un vrai bon vivant, qui savait rire, partager des moments simples et profiter pleinement de la vie, toujours avec cette joie discrète qui le caractérisait.

Christian n’a pas souffert dans ses derniers instants, mais il était profondément soucieux et inquiet de la peine que son départ allait causer à Monique, à ses enfants et à ses petits-enfants. Même jusqu’au bout, son cœur pensait d’abord aux autres, à ceux qu’il aimait.

Aujourd’hui, il nous revient de poursuivre ce qu’il a incarné. De continuer le travail avec sérieux et humilité. De rester attentifs les uns aux autres. Et de faire vivre, à notre tour, ce qu’il nous a transmis.

Christian nous laisse une trace profonde. Une manière d’être. Une boussole. Comme un édifice que l’on construit dans le temps, son exemple restera un guide solide pour chacun de nous. Merci, Christian, de m’avoir tracé la voie. Merci pour la confiance. Pour le chemin partagé. Et merci pour cet engagement constant au service des autres et de l’intérêt général. »

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