Elle a été reconduite pour ce 24 septembre.
Elles ont du mal à retenir leurs larmes. Ce 22 septembre, elles étaient une dizaine de personnels (2 aides soignantes, 3 AMP, 1 monitrice éducatrice, 1 psychomotricienne, 1 ergothérapeute, 1 infirmière) de l’APAJH 46 (Association Pour adultes et Jeunes Handicapés du Lot) et plus précisément de l’Etablissement pour Enfants et Adultes Polyhandicapés à être en grève devant les locaux de la structure à Cahors. Une première pour l’association. Rassemblées devant la structure, elles sont revenues sur les raisons de leur mobilisation : « Depuis décembre 2025 :
Il y a eu plusieurs signalements du mal-être de l’équipe avec une non-reconnaissance de la part de la direction ;
De nombreux arrêts maladies (50% de l’équipe en arrêt de travail sur la même période) avec des échanges professionnels impossibles, d’où la sollicitation de l’inspection du travail et de la médecine du travail ;
Le dépôt d’un droit d’alerte auprès de l’inspection du travail ;
La venue d’une préventrice, psychologue du travail, ergonome, qui a mené 38 entretiens individuels (personnels EEAP, chauffeurs, personnels administratifs, personnels de direction, personnels du répit, médecine du travail, CARSAT, inspection du travail). La restitution de cette enquête a mis en évidence plusieurs points alarmants à savoir :
Une alerte sur des risques psycho-sociaux élevés au niveau du périmètre de l’Etablissement pour Enfants et Adultes Polyhandicapés ;
Des rapports sociaux dégradés et une non-reconnaissance du travail ;
Une charge mentale et émotionnelle importante ;
Une gouvernance très centralisée ;
Certains professionnels en état de stress post-traumatique…
Et ce lundi 21 septembre lors de la réunion institutionnelle, la directrice nous a annoncé qu’elle a été dans l’obligation de dénoncer au service de l’ARS des faits graves qui lui ont été relatés en interne concernant l’équipe :
– défaut de surveillance des jeunes
– défaut de soins
Nous déplorons l’absence d’éléments circonstanciés et factuels ainsi que l’absence d’échanges en réunion d’équipe en amont. Il n’y a eu aucun dialogue. Nous n’avons essuyé qu’un refus. Tout ce que l’on vit depuis un an a un impact sur les jeunes. Le Répit est également fermé depuis 4 mois avec des salariés restant à leur domicile en raison de problèmes organisationnels, laissant les familles sans solution.»
« Mon fils vient depuis 2014. Je suis là parce que j’ai confiance dans l’équipe. On a perdu le côté familial de l’ancienne direction. Nos enfants sont pris en otage. Il y a un règlement de comptes. La direction tire à bout portant sur l’équipe… Je ne remettrai pas mon enfant dans une structure où il y a une guerre ouverte » a confié une maman présente pour soutenir les personnels mobilisés.
La grève se poursuit avec une revendication : « Nous voulons que les préconisations de la préventrice soient appliquées. »
> Une cagnotte a été mise en ligne pour soutenir les grévistes de l’EEAP: https://www.onparticipe.fr/c/oZKfLDFM





