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Les Communards vus d’ici


Où il est question du #Lot et des #Lotois sur les réseaux sociaux.

Même si les célébrations n’ont pu avoir le relief espéré en raison de la pandémie, Cahors a rendu hommage en 2020 à son enfant célèbre, Gambetta, qui proclama la république le 4 septembre 1870. Oui mais voilà. Nous voilà en mars 2021, et un autre 150ème anniversaire est d’actualité. Le 18 mars 1871, débutait la Commune de Paris. Quelques mois après le désastre de Sedan, un soulèvement des républicains et révolutionnaires de la capitale favorables à la démocratie directe alors que l’assemblée nationale était à majorité monarchiste. Après que le gouvernement de Thiers eut retiré leurs armes et canons aux émeutiers pour beaucoup ouvriers et intellectuels libertaires, Paris s’enflamme et le gouvernement et l’assemblée se replient à Versailles. Les troubles vont durer jusqu’à fin mai et la terrible semaine sanglante. Voilà pour ce bref rappel (merci Wikipédia). On a voulu savoir comment, dans le Lot, une partie de la presse avait réagi. On n’a pas été déçu. Voici l’entame de l’éditorial du Journal du Lot en date du 21 mars 1871. « Eh quoi ? nous sommes encore sous l’étreinte de l’ennemi ; l’étranger foule encore le sol de la patrie ; le sang de nos enfants (de nos frères) fume encore et déjà deux provinces nous sont enlevées, nos armes, nos munitions ont passé la frontière, les milliards follement dépensés, les milliards imposés par le vainqueur épuisent nos dernières ressources, – et ils trouvent que ce n’est pas assez de désastres et de ruines !… et ces hommes si habiles à se tenir l’abri du péril, ces hommes dont les agitations malsaines et les honteuses lâchetés ont tant de fois compromis la défense, paralysé tous les efforts, fait échouer d’utiles négociations sur le point d’aboutir, ces hommes dont la coupable oisiveté, dont l’activité plus pernicieuse encore ont coûté et coûtent tous les jours des sommes énormes, _ ces hommes ne sont pas encore satisfaits ! Il leur faut encore du sang et des ruines ! La nation n’est rien pour eux ; l’image de la patrie ensanglantée ne dit rien à leur cœur ; ils ont banni Dieu de leurs pensées. Ah ! C’en est trop ! Non, non, la France ne doit pas subir en silence cette tyrannie mille fois plus honteuse et plus dure que celle de l’étranger. Plus de discorde, plus d’esprit de parti… Une seule pensée, une seule volonté : le salut de la patrie. Serrons-nous autour du seul gouvernement qui ait droit de nous donner des ordres puisque seul il représente le pays (…) Qu’ils comprennent enfin, ces éternels ennemis de tout ordre, que nous voulons un ordre sérieux et durable, la religion honorée, la famille libre et respectée, la propriété sauvegardée, la stabilité dans les institutions, la paix au dehors, et surtout au dedans. » Pour avoir relu ces derniers temps certaines éditions de ce même journal datant de 1940, on pourrait reprendre certaines phrases mot à mot. Mais alors, il s’agissait de s’agenouiller devant Pétain et sa révolution nationale en maudissant la république qui avait conduit à la débâcle…

Dans la même édition, une autre information d’importance. Fruit d’un curieux hasard. Voici : « On nous écrit de Figeac. Blanqui, le célèbre agitateur parisien, vient de passer deux jours dans ce chef-lieu d’arrondissement. Arrêté à Bretenoux, dans la maison d’un de ses amis, il a été conduit Figeac, samedi dernier. Il a été interné dans l’appartement le plus confortable de la prison. Lundi matin 20 mars, il est parti accompagné de deux gendarmes. La nouvelle de la présence du trop fameux révolutionnaire a produit très peu de mouvement. Quelques hommes, connus pour leurs opinions avancées, ont, paraît-il, sollicité et obtenu la permission de le visiter et de l’entretenir. Cinq ou six personnes à peine l’ont salué à son départ. La population est restée calme et indifférente. Cette conduite honore les habitants de Figeac. Elle prouve leur sage et intelligent patriotisme, et témoigne de leur réprobation vis-à- vis des attentats dont Paris et la France ont cruellement souffert… » De fait, figure marquante de la gauche révolutionnaire, ancêtre du communisme, Blanqui était dans le sud-ouest quand la Commune fut déclarée. Après Figeac, il fut quelque temps emprisonné à Cahors puis dirigé en Bretagne pour y être écroué loin de Paris. Pour en savoir davantage, se référer au célèbre dictionnaire Maitron désormais disponible en ligne. En tapant « Cahors » dans le moteur de recherche, vous y retrouverez aussi quelques petites notices sur des Lotois ayant participé à la Commune.

Restons en 1871. Deux brèves parues dans le Journal du Lot le 28 mars. La première : « Le ministre de l’instruction publique a l’intention de faire photographier les environs de Paris tels qu’ils sont en ce moment, et de répandre ces photographies, dans les écoles primaires, pour inspirer aux jeunes générations l’horreur de la guerre. » La seconde est synonyme de cruel malheur pour plusieurs foyers du département. Il s’agit en quelque sorte d’un avis de décès de soldats français morts en captivité en Allemagne, où ils avaient été conduits après la défaite de Sedan. « Soldats du Lot morts dans les hôpitaux de Cologne : Blanc (Jean), 22 ans, de Cahors, du 31e régiment, le 19 octobre. Clos (Pierre), 27 ans de Catus, du 31e régiment, mort le 2 octobre. Lestandi (Joseph), 21 ans, 47e régiment, mort le 8 octobre. Raynaly (Pierre), 22 ans, de la Ramière, 31e régiment, mort le 13 octobre. Vidaillac (Jean-Pierre), 23 ans, 44e régiment, mort le 10 décembre. Debroux (Jean), 27 ans, de Sénaillac, 31e régiment, mort le 30 janvier. Vinel (Jean), 22 ans, de Maxou, 1er Génie, mort le 17 janvier. Aunac (Justin), garde mobile, mort le 19 février. »

On enchaîne avec un billet du blog « commerces immarcescibles » (NDLR : qui ne peuvent se flétrir), signalé par le compte Twitter Paris Bise Art (beau jeu de mots) : il est consacré au Grand Bazar de Figeac (devenu Nouvelles Galeries). La photo semble dater du début du XXe siècle. Et ce magasin a disparu. Dans la vraie vie, difficile d’être immarcescible !

Concluons par la tribune de la députée Huguette Tiegna dans le Huffington Post plaidant pour l’entrée au Panthéon de Gaston Monnerville. C’est clair et net : « 2021 marquera le 30e anniversaire de sa disparition. Vous ne le connaissez pas? C’est normal. La République, qui lui doit pourtant tant de sacrifices et de dévouement, l’a oublié. Un homme noir, parmi les trop rares députés et ministres issus de la diversité, engagé volontaire dans les deux guerres mondiales, résistant de la première heure, représentant de la France à Londres lors de la création de l’ONU, grand commis de l’État, serviteur de la Nation, Président du Sénat, pourquoi n’en parle-t-on jamais? Est-ce dû à sa couleur de peau? Son lieu de naissance? Ses origines sociales? Il fut comme moi élu du Lot. Aujourd’hui, j’estime qu’il est de mon devoir de lui rendre l’hommage, la renommée et le respect qu’il mérite. C’est pourquoi j’appelle à une panthéonisation de Gaston Monnerville. »

Photo @DR

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