Le bassin du Lot n’a pas échappé à l’actualité, dans un contexte d’inondations généralisées à l’échelle nationale. Le Syndicat Mixte du Bassin du Lot s’associe pleinement aux communes, intercommunalités, syndicats de rivières et services de l’Etat mobilisés durant l’évènement.
« Si la crue de février 2026 n’a pas atteint le niveau exceptionnel de 1927, elle entre dans la catégorie des crues impactantes. A ce titre, elle a causé de nombreux dégâts sur le bassin du Lot, de l’Aveyron au Lot-et-Garonne. En dépit de ces sinistres dommageables pour la population, elle a par ailleurs permis de vérifier notre capacité à faire face au risque inondation inhérent au bassin du Lot. Nous avons ainsi pu vérifier que les travaux menés ces dernières années ont porté leurs fruits : malgré des dégâts réels, la crise a été globalement bien gérée et les dispositifs de surveillance comme les aménagements réalisés ont démontré leur efficacité et leur robustesse. Cela confirme une conviction : on ne supprime pas le risque, on s’y prépare collectivement et on l’intègre dans nos décisions. Le Syndicat Mixte du Bassin du Lot est au cœur de cet enjeu : il coordonne, fédère et structure les investissements à l’échelle du bassin. Nous devons poursuivre et amplifier cette dynamique collective, renforcer la culture du risque et faire de l’aménagement du territoire un levier central pour réduire durablement la vulnérabilité de nos populations » explique Rémi Branco, président du Syndicat Mixte du Bassin du Lot.
Du 11 au 18 février 2026, le Lot et ses affluents ont été touchés par un épisode de crues influencé par la tempête Nils et, dans une moindre mesure, la tempête Pedro. Des pluies régulières se sont maintenues sur l’ensemble du bassin, tombant sur des sols déjà très humides en raison d’une pluviométrie importante depuis janvier 2026. Ces précipitations ont alimenté les cours d’eau du bassin du Lot, provoquant des débordements et des dommages inégaux selon les secteurs.
Concrètement, l’eau de pluie n’est pas parvenue à s’infiltrer et a ruisselé jusqu’aux rivières. C’est un point clé : une crue n’est pas seulement une question d’intensité sur 24 heures, mais aussi de durée, de répétition et d’état initial (humidité des sols, niveau des cours d’eau et des nappes).
Dans le même temps, le bassin de la Garonne a connu une dynamique similaire, conduisant à une crue significative du fleuve. L’épisode a aussi rappelé la sensibilité des secteurs où les crues se combinent : lorsque le Lot et la Garonne sont simultanément hauts, l’eau s’écoule plus difficilement et certaines digues conçues pour protéger peuvent connaître des défaillances.
Enfin, si le Lot a évité des hauteurs d’eau telles que connues en 2021 ou en 2003 sur la majeure partie de son linéaire, c’est aussi à l’aide des grands barrages de la Truyère dans le Massif-Central. Ces derniers ont pu stocker une certaine quantité d’eau, bien qu’ils ne soient pas destinés à réguler les crues.
L’épisode de février 2026 met en évidence l’intérêt d’une gestion concertée et d’une solidarité amont–aval. En coordination avec les syndicats de rivière porteurs de la GEMAPI, les gestionnaires d’ouvrages, les collectivités et les acteurs de la gestion de crise, le Syndicat Mixte du Bassin du Lot assure un suivi de la situation : surveillance météo, évolution des niveaux d’eau aux stations et aux barrages, relevés des hauteurs atteintes après la crue (données clés pour améliorer la connaissance des zones inondables) et information sur les bons gestes à adopter.
Cet évènement confirme qu’on ne supprime pas le risque, on réduit les dommages. En effet, il n’existe pas de solution unique ni de protection totale. Des ouvrages conçus pour protéger peuvent être dépassés, comme cela a été vu dans le Lot-et-Garonne, et contrairement aux idées reçues, le curage n’est pas une solution face aux inondations. Cela accélère les écoulements, fragilise les berges et dégrade la qualité du cours d’eau. En revanche, la prévention fonctionne quand elle associe plusieurs leviers : surveillance, anticipation, réduction de la vulnérabilité des bâtiments, aménagements ciblés là où ils sont pertinents, ainsi que la sensibilisation et la culture du risque.
Notre territoire demeure exposé au risque inondation. Dans un contexte de dérèglement climatique susceptible d’intensifier les phénomènes extrêmes, il est essentiel de poursuivre et d’amplifier la dynamique engagée avec les Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) du bassin du Lot. Dans ce cadre, le Syndicat Mixte du Bassin du Lot travaille à rendre la mémoire des crues visible grâce aux repères de crue (228 repères posés depuis 2016), à renforcer la connaissance et la surveillance en organisant des évènements tout public ou à destination des scolaires, comme cela est initié depuis 2023, à proposer des formations pour les élus, à installer des dispositifs de surveillance (stations et échelles de mesure) ou encore à réduire la vulnérabilité des populations en adaptant les habitations et bâtiments soumis aux risques. Parce qu’on ne peut pas empêcher l’eau de monter lors de certains épisodes, l’enjeu est de limiter l’eau qui entre dans nos habitations et de protéger ce qui y est essentiel (électricité, chauffage, équipements, etc.). À partir de 2027, le Syndicat Mixte du Bassin du Lot déploiera un dispositif permettant de proposer un diagnostic de réduction de la vulnérabilité de son habitation, avec des recommandations d’aménagements et un accompagnement pour faciliter la mise en œuvre des travaux.
À Espalion, l’efficacité des « barrières anti-inondations » (batardeaux) installés dans le cadre des actions PAPI a été saluée lors de ces dernières crues. Les travaux menés sur plusieurs affluents et secteurs sensibles ont également montré leur intérêt, confortant la nécessité de poursuivre cette stratégie de gestion des inondations à l’échelle du bassin du Lot. Ce fût le cas à Figeac avec le renforcement des systèmes d’endiguement et la création de peignes à embâcles, à Auzits avec la réouverture du Riou Viou ou encore avec la plantation de haies sur certains bassins du Célé et du Lot.
> Le Syndicat Mixte du Bassin du Lot, c’est quoi ?
Le Syndicat Mixte du Bassin du Lot est un organisme public qui travaille à l’échelle de toute la vallée du Lot. Il réunit les collectivités pour agir ensemble autour de l’eau et des rivières. Son rôle est de coordonner, accompagner et donner une vision d’ensemble, au-delà des limites communales ou départementales. Il aide les territoires à prendre les bonnes décisions, en s’appuyant sur la connaissance du fonctionnement des cours d’eau et des bassins versants. En résumé, le Syndicat Mixte du Bassin du Lot permet une action collective et cohérente, là où les enjeux liés à l’eau dépassent les frontières administratives.
> Et les PAPI, à quoi ça sert ?
Les Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) sont des programmes nationaux portés localement par le Syndicat Mixte du Bassin du Lot. Ils permettent de financer et de coordonner des actions concrètes pour :
– protéger les populations,
– réduire les dommages liés aux inondations,
– développer la culture du risque.
Les PAPI permettent d’agir avant, pendant et après les crues. Moins de surprises, plus de préparation : c’est tout l’enjeu de ces programmes.





