Guerre en Ukraine : Jean-Marc Vayssouze-Faure interpelle le premier ministre
Intervention du sénateur du Lot ce 19 février 2025.
Le sénateur du Lot est intervenu en séance de questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi 19 février 2025. Quelques minutes auparavant, il échangeait avec une délégation de parlementaires ukrainiens reçue au sénat. Trois ans après l’agression de l’Ukraine par la Russie et alors que Kyiv pourrait être mise à l’écart de la table des négociations russo-américaines, le parlementaire, qui avait représenté la France et la chambre haute lors d’un déplacement officiel en Ukraine en 2023, a interpellé le premier ministre François Bayrou. Saluant « la résistance héroïque et le courage inouï déployé par tout un peuple derrière le président Volodymyr Zelensky », Jean-Marc Vayssouze-Faure a une nouvelle fois dénoncé cette agression injustifiée, les massacres de populations civiles ainsi que les déplacements d’enfants ordonnés par le Kremlin. Le secrétaire de la commission des affaires étrangères a livré un constat sans appel : « Nous sommes face à un tournant. Insidieusement, le doute s’est installé, la mobilisation s’est essoufflée et nos alertes sont restées lettre morte » a-t-il indiqué au gouvernement en rappelant la nécessité d’« agir plus vite, plus fort pour que le pays gagne la guerre », comme le préconisait déjà un rapport sénatorial présenté par le parlementaire et par plusieurs de ses collègues à leur retour d’Ukraine. Jean-Marc Vayssouze-Faure a également dénoncé le manque de clairvoyance de la France : « trop longtemps, nous avons cru que les États-Unis seraient éternellement de notre côté ». Preuve à l’appui, il a également rappelé les propos tenus par le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans l’hémicycle du sénat le 13 novembre dernier, qui considérait alors que « Donald Trump est trop avisé pour abandonner les Ukrainiens en rase campagne ». Selon le sénateur du Lot, « la conférence de Munich nous place devant une exigence de lucidité : la démocratie américaine reste notre alliée mais l’administration Trump est désormais un adversaire qui s’en prend à nos valeurs et qui entend décider de l’avenir de l’Ukraine en tête-à-tête avec Poutine ».Jean-Marc Vayssouze-Faure qui se dit prêt à « faire bloc dans l’intérêt du pays » à condition que le parlement soit associé aux décisions, a demandé au gouvernement de confirmer son intention d’organiser, dans le courant du mois de mars prochain, « un débat suivi d’un vote, en application de l’article 50-1 de la Constitution ». Dans sa réponse, François Bayrou a confirmé au parlementaire l’organisation de ce débat, considérant que « l’administration Trump, au grand désarroi de beaucoup, semble aujourd’hui prendre ses distances avec les positions fondamentales que les États-Unis ont défendu depuis la guerre de 1940 ». Durant son intervention, le sénateur a demandé au chef du gouvernement de présenter la stratégie que le pays entend conduire dans le cadre du dénouement de ce conflit. Selon le premier ministre, l’exécutif souhaite « réunir les énergies européennes et déployer un plan, y compris de financement, sur les moyens de nous défendre ». Jean-Marc Vayssouze-Faure lui a alors répondu : « Monsieur le premier ministre, il faut cesser de subir. Il faut agir ! Demain, vous et le président de la République aurez besoin de convaincre la Nation toute entière afin qu’elle consente aux efforts nécessaires pour défendre l’Ukraine, pour garantir notre sécurité et pour préserver notre modèle démocratique. »
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