Le festival lotois aurait indûment utilisé une marque déposée !
« Nous avons effectivement reçu un courrier recommandé environ deux semaines avant l’événement. C’était à l’évidence trop court, comme délai, pour modifier toute notre communication sans parler des documents officiels… » Grégory Vermeil, président de l’association Bodega qui organise le Festi’Souillac reconnaît avoir été alerté. Il était bien au courant du début de procédure engagé par la municipalité de Malemort, en Corrèze, et organisatrice du festival musical Festi’Malemort.
Toujours est-il que cela n’a pas empêché la manifestation lotoise, qui avait lieu les 5, 6 et 7 juin, de connaître un réel succès, à l’ombre de la prestigieuse abbatiale. Les concerts ont enchanté le public. Y compris les spectateurs ayant pris place au sein du carré VIP, parmi lesquels… le maire de Malemort, venu en presque voisin (une grosse demi-heure en voiture sépare les deux communes). « Il a été bien accueilli par les élus de Souillac, le problème a été évoqué sereinement, et je pense que les choses devraient se régler en bonne intelligence… » note encore Grégory Vermeil.
Le problème ? Il se trouve que la municipalité de Malemort a déposé la marque « Festi » en 2022 auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Elle a fait de même pour une autre des manifestations qu’elle organise, « Festi’Noël ». Mais quand on consulte le site de l’INPI, on constate qu’il existe des dizaines de festivals et événements portés par des collectivités ou associations _ sans compter des sociétés commerciales vendant des produits ou services liés à la thématique des festivités en général _ qui ont déposé cette marque, « Festi », mais ce terme étant suivi d’un nom de ville, de style musical… Précisons néanmoins que la déclaration de dépôt auprès de l’INPI par la collectivité corrézienne concerne deux domaines d’activités : la « diffusion de matériel publicitaire (tracts, prospectus, imprimés, échantillons) » et « l’organisation d’évènements festifs et de divertissement ».
Le principe de réalité et le bon sens
Dans l’absolu, il y aurait donc de quoi initier des dizaines de procédures et contentieux. Tout événement, toute marque commençant par FESTI serait susceptible de devoir rendre des comptes ! Mais il y aussi le principe de réalité. Les deux événements n’ont pas lieu à la même date et n’ont pas la même dimension. Tous les deux programment des concerts, mais celui de Malemort (8 200 habitants), qui aura lieu le premier week-end de juillet, présente des artistes et des groupes dont les cachets ne doivent vraisemblablement pas être comparables à ceux qui se sont produits à Souillac (sauf notre respect) : on relève pour l’édition 2026 les noms de Christophe Maé, de Kassav, de Patrick Sébastien ou encore de Zouk Machine et Amine.
Toujours est-il que le bon sens devrait l’emporter. En substance, l’organisateur souillagais indique qu’un nouveau rendez-vous entre élus lotois, corréziens et organisateurs pourrait avoir lieu et a priori sceller la fin de ce conflit qui n’aura fait qu’être esquissé. Nous avons en vain tenté de contacter le maire de Malemort.
Ph.M.





