Elle remboursait sa victime avec de l’argent détourné : une quinquagénaire jugée pour double escroquerie
Une habitante de Lauzès comparaissait pour escroquerie et usurpation d’identité après avoir détourné plusieurs milliers d’euros à une femme de 90 ans. Les faits se sont déroulés entre 2022 et 2024, alors qu’elle travaillait comme aide à domicile chez la victime.
« Êtes-vous d’accord pour dire que vous avez profité au maximum de la victime ? » À la question du tribunal, la prévenue oppose quelques secondes de silence. Céline L., assistante maternelle de 50 ans, était jugée ce jeudi 27 mars à Cahors pour deux affaires d’escroquerie et d’usurpation d’identité. Elle est accusée d’avoir détourné plusieurs milliers d’euros. La victime, une femme âgée de 90 ans, souffrant de Parkinson et d’une déficience visuelle, était absente à l’audience. Son avocate, Me Cabessut, la décrit comme « une personne fragile et diminuée ».
Les faits se sont déroulés entre décembre 2022 et février 2024. La prévenue s’occupait alors du ménage au domicile de la victime à Lentillac-du-Causse. En janvier 2024, la retraitée, ancienne comptable, remarque plusieurs anomalies : elle s’étonne de ne plus recevoir son courrier, apprend qu’il est réexpédié à une autre adresse à son insu, constate que deux chèques ont disparu de son carnet et ont été débités de son compte bancaire, et s’aperçoit que des forfaits mobiles et des téléphones portables ont été commandés via son compte client.
Céline L. est entendue et reconnaît les faits : outre le vol des chèques, elle a également modifié les identifiants de sa victime sur plusieurs sites internet, dont celui de son opérateur, et détourné son courrier pour qu’elle ne s’aperçoive pas de la supercherie. La quinquagénaire, mère de famille, accepte de rembourser sa victime dès sa sortie de garde à vue. Seul bémol : quelques mois plus tard, elle est de nouveau interpellée pour une autre affaire.
Cette fois, c’est pour avoir falsifié la déclaration de ses heures de travail, toujours en usurpant l’identité et les comptes de la vieille dame. Au lieu des 15 heures de ménage mensuelles qu’elle réalisait, la quinquagénaire déclarait 98 heures. Pire, alors même qu’elle avait cessé de travailler chez sa victime à la suite de sa garde à vue, la prévenue continuait de déclarer des heures de travail fictives. « Elle a commencé à rembourser ma cliente au moyen des fonds qu’elle détournait dans la deuxième affaire », s’insurge Me Cabessut.
L’ampleur des préjudices subis par la victime est significative. Selon les demandes de l’avocate de la partie civile, le préjudice matériel s’élève à 5200 euros pour les chèques et abonnements frauduleux, tandis que le préjudice moral est estimé à 3000 euros. Dans le deuxième dossier, le montant détourné atteint 41 650 euros, avec une demande de réparation morale de 3000 euros supplémentaires, en plus des frais d’avocat.
Céline L. a justifié ses actes par des problèmes financiers personnels. « J’avais un découvert et des dettes à la banque. Je ne voulais pas que mon conjoint l’apprenne, car il était violent. La banque a menacé de saisir la maison. J’ai paniqué », explique-t-elle. Pour son avocate, Me Alexopoulos, sa cliente « a cédé à la facilité ».
Alors que le parquet requiert 12 mois d’emprisonnement, dont 5 assortis d’un sursis probatoire, l’avocate de la défense demande un sursis probatoire pour que sa cliente puisse continuer de travailler et d’indemniser la victime. « Ma cliente ne va pas s’acharner sur la victime. Ce qui compte aujourd’hui, c’est le remboursement des sommes détournées », assure-t-elle. Le tribunal rendra sa décision le 10 avril.