Une figure de la rue Clemenceau nous a quittés.
Avec la disparition de Claudine Guignes, c’est une des grandes pages de l’histoire commerçante de la rue Clemenceau de Castelnau-Montratier qui se tourne. Elle était l’une des dernières représentantes de cette époque où la rue était un « poumon économique » florissant. Aujourd’hui, malheureusement la rue n’est plus autant animée et nombres de commerces ont fermé.
Claudine Guignes s’en est allée discrètement, le dimanche 27 septembre, vers midi, alors qu’elle regardait la messe du pape qui se déroulait à Lourdes. Elle aurait fêté ses 91 ans le 4 novembre. Lors de la cérémonie en l’église Saint-Martin qui se passait le vendredi 2 octobre sa sœur Georgette, âgée de 94 ans et résidant à Égletons, en Corrèze, n’a pas pu être présente, mais elle était de tout coeur avec sa famille pour accompagner Claudine par la pensée dans ces moments d’adieu.
Fille de Marcelle, qui tenait une épicerie, et de Georges, boulanger (5 alors sur le village à cette époque-là), Claudine a baigné dans le commerce depuis son plus jeune âge. C’est donc tout naturellement qu’elle a repris les rênes de l’entreprise familiale vers l’âge de 20 ans, poursuivant cette activité jusqu’à la retraite.
Elle a également, pendant des années, porté le journal La Dépêche du Midi aux habitants du village, sillonnant les rues au guidon de sa petite mobylette blanche, une Cady. Une image qui restera gravé dans le souvenir de certains Castelnaudais qui étaient jeunes à l’époque.
La famille Guignes est aussi intimement liée à celle de l’église. Son grand-père, prénommé « Charlou » exerçait la fonction de suisse pendant les offices religieux. Muni d’une grand hallebarde, d’un bicorne il veillait au bon ordre lorsque cela était nécessaire. Charlou devait veiller au bon déroulement des cérémonies, faisait respecter le silence et aidait les fidèles à trouver leur place. Sa présence était particulièrement utile lorsque l’église accueillait une assemblée nombreuse. Ce qui était le cas dans ces années-là. Il sonnait aussi les cloches le matin, à midi et pour l’angélus.
Sa fille Marcelle prendra le relais pour sonner les cloches lors des offices, des baptêmes, des mariages et des décès. Claudine poursuivra à son tour cette tradition familiale jusqu’à l’électrification des cloches qui mettra fin à plusieurs générations de sonneurs.
Claudine a consacré beaucoup de temps à ses parents à leurs vieux jours, s’occupant de sa mère Marcelle, puis de son père Georges, qui mourut à l’âge de 97 ans.
Toujours dynamique, elle a profité de sa retraite pleinement partageant son temps entre la musique, la danse et les sorties entre amies. Autant de moments qui lui ont permis de profiter de quelques années de bonheur.
Sa nièce Josette Guignes, qui était très proche de sa tante, garde le souvenir d’une belle personne : « Au cours des dix dernières années, sa santé s’est progressivement dégradée et son mal-être s’est accentué. Mais nous gardons de Claudine le souvenir d’une personne gaie, disponible et serviable pour sa famille. »
La rédaction de Medialot adresse ses sincères condoléances à la famille ainsi qu’aux proches de Claudine Guignes.





