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Carole Delga et Serge Rigal votent « Oui à la démocratie ! » 


La présidente de la Région Occitanie et le président du Département du Lot ont écrit aux maires du Lot.

Ce 10 avril, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie et Serge Rigal, président du Département du Lot, ont adressé un courrier aux maires du Lot :

« Madame, Monsieur le Maire, 

L’ensemble des maires de France a reçu vendredi soir un mail de leur préfet de département leur demandant de répondre « par oui ou par non si les conditions préconisées par le comité scientifique vous semblent réunies pour tenir les 2 scrutins prévus en juin prochain » (élections régionales et départementales).  Et ce avant lundi midi ! Chaque jour, nous, élus locaux, menons à notre échelle des temps de concertation. Nous les menons dans la clarté, avec le souci de trouver des solutions pour faciliter la vie de nos concitoyens. Nous les menons dans le respect de nos interlocuteurs et en assumant la responsabilité des décisions qui nous incombent. Depuis le début de la crise sanitaire, nous n’avons eu de cesse de demander au gouvernement de mieux prendre en compte l’avis des territoires. Sur le manque de masques, le manque de tests, ou aujourd’hui, notre volonté d’accélérer la vaccination… Jamais nous n’avons été concertés. Voilà pourquoi cette « concertation » nous interroge. Parce qu’elle n’était absolument pas prévue dans la lettre cadre du Premier ministre envoyée aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat au sujet des élections de juin prochain. Parce que l’utilisation sans précédent du dispositif « SMS alerte météo », réservée aux crises majeures, et jamais utilisée depuis le début de la crise sanitaire, ou lors de la sécurisation des écoles suite au terrible attentat contre l’enseignant Samuel Paty, n’est pas tolérable. ​Nous ne devons pas accepter ce précédent. Pour nous, la réponse est donc : oui à la démocratie. Oui, nous sommes prêts.

Le vote, un droit acquis par les Français

La France a un rendez-vous démocratique majeur en juin prochain et rien ne saurait détourner notre pays de son attachement à la démocratie, un droit acquis par les Français dans la douleur depuis la Révolution de 1848. Dans une République, les élections sont le fondement de la souveraineté nationale qui appartient au peuple. Elles sont l’outil qui permet aux citoyens d’effectuer un choix politique et d’attribuer certains pouvoirs à leurs représentants. Parce qu’elles sont convoquées régulièrement et encadrées juridiquement, les élections confèrent la légitimité nécessaire aux élus pour agir. A ce titre, en tant que représentants du peuple nous sommes les premiers défenseurs de la démocratie. Nous pensons que la démocratie renforce l’ordre social, car elle garantit aux vainqueurs le bien-fondé de leurs pouvoirs et aux vaincus la possibilité de s’opposer et de proposer une alternative potentielle. Lorsque nous avons été consultés en janvier 2021 sur la tenue des élections, nous avons accepté, en raison de la situation sanitaire, le report des élections départementales et régionales – prévues initialement au mois de mars 2021 – à juin 2021. Nous avons fait ce choix, en responsabilité, parce que la campagne vaccinale était alors très mal engagée. En effet, le 12 janvier 2021 seules 190.000 personnes avaient été vaccinées en France.​ Aussi, la loi du 22 février 2021, suivant le rapport Debré de novembre 2020, a reporté les élections de mars 2021 à juin 2021, afin de permettre au peuple français d’exprimer sa souveraineté dans une période « susceptible de répondre au mieux aux contraintes sanitaires ». Cette loi a été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le 1er avril, lors d’un débat parlementaire à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a annoncé privilégier le maintien des élections en juin 2021 reconnaissant que le Conseil scientifique dans son avis « ne préconisait pas explicitement un report des élections ». A cette occasion, le Premier ministre a rappelé l’objectif du gouvernement de 30 millions de vaccinés en France à la mi-juin, tandis que le Président de la République, dans son allocution télévisée, a évoqué la réouverture des terrasses pour la mi-mai. Ce 9 avril, sans annonce préalable et contrairement à la procédure prévue, l’exécutif vient de solliciter, par l’intermédiaire de ses préfets, l’avis des maires de France pour savoir s’ils estiment que les élections régionales et départementales peuvent se tenir en juin 2021 compte tenu des conditions sanitaires. 

La démocratie piétinée

Ces méthodes ne peuvent cacher une véritable tentative de manipulation politique et de transfert de responsabilité. La souveraineté populaire ne peut souffrir d’aucune manœuvre institutionnelle, faute de quoi, c’est l’ordre républicain et la légitimité de tout responsable politique qui s’effondre. La stabilité de nos institutions tient au respect de la loi et de l’État de droit. Le Parlement a voté et il a décidé de fixer les élections au mois de juin 2021. Dès lors, il appartient à l’exécutif de faire respecter la loi. Chercher à escamoter de la sorte le Sénat et l’Assemblée nationale en s’adressant directement aux maires, c’est piétiner la démocratie. De nombreux voisins européens ont eu à organiser des élections en période de pandémie faisant la démonstration que Covid-19 et démocratie sont compatibles, pourvu qu’on s’en donne les moyens (Pologne, Lituanie, République tchèque, Roumanie, Portugal, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Finlande, Islande et Norvège). Nous refusons de croire que la France serait incapable d’en faire autant. Ajoutons que des propositions concrètes ont été faites par nos associations d’élus pour garantir un scrutin le plus sûr. Il est incontestable que la lutte contre la crise sanitaire a motivé le recul de certaines de nos libertés individuelles afin contrôler l’épidémie. Toutefois, cette pandémie ne saurait justifier le recul d’aucune de nos libertés collectives, au premier titre desquelles le droit de vote de nos concitoyens. Le peuple vote. Il choisit ses représentants pour une durée définie. Comment pourrait-il en être autrement en démocratie ?​ Depuis le début de la crise, vous, maires, élus de terrain au plus proche des citoyens, vous avez fait preuve d’un grand sens des responsabilités sans que cela vous soit toujours reconnu par l’Etat. Face à cette manipulation nouvelle ne nous laissons pas impressionner. Alors, répondons oui. Oui au respect de l’état de droit. Oui à la démocratie. »

Photo @DR

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