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Cahors : « Nous sommes essentiels ! », le cri des acteurs de l’art, de la culture et du sport


Manifestation ce 3 décembre sur les allées Fénelon.

Batucada ce 3 décembre sur les allées Fénelon… préambule dynamique avant la manifestation organisée par le collectif « Il est temps de… » (Mariette Bouillet, Cédric Brossard, Magali Liarsou, Isabelle Marrou, Stéphan Merle, Sonia Sempéré, Laurence Subra, et Nora Turpault), une performance dans le respect du protocole sanitaire afin de faire entendre la voix, les voix de leurs secteurs : « A l’heure où l’art, la culture, et le sport sont considérés comme « non-essentiels » il est temps de…

Nous manifester

Nous rassembler

Nous soutenir

Faire face et sortir du silence

Ensemble, regardons la réalité en face, dans la paix, le calme et la solidarité. Nous sommes essentiels ! Contraints de fermer les portes de nos établissements artistiques, sportifs et culturels et de stopper toutes nos actions sur le territoire lotois et au-delà, nous pensons aujourd’hui urgent et nécessaire de nous rassembler, nous, les acteurs locaux de ces secteurs professionnels aujourd’hui durement affectés, pour partager un message fort et vital : nous affirmons que la culture, l’art et le sport sont essentiels.

Unissons-nous pour, ensemble, faire entendre nos voix au sein des espaces publics et médiatiques, pour sortir de l’invisibilité à laquelle nous sommes assignés et interpeler les pouvoirs publics et politiques de la gravité de notre situation. Aujourd’hui nous refusons de nous taire. Au mois de mars 2020, pour cause d’épidémie, toutes nos professions ont cessé d’exister et sont restées en apnée. Empêchés d’enseigner, de danser, de jouer, de fouler les scènes des théâtres ou les terrains de sport, certains ont continué de créer et de transmettre dans une chambre, une cuisine, un garage, un sentier dans la nature, dans un escalier, devant une fenêtre, au pied d’un mur… L’imagination, notre grande alliée, a déployé ses ailes et nous avons activé les outils avec lesquels nous n’étions pas forcément familiarisés pour garder le contact avec nos élèves, nos spectateurs, nos cinéphiles, nos lecteurs. Sortir de notre zone de confort dans une période totalement inédite, nous l’avons aussi réalisé par solidarité avec les soignants de tout bord. En ce printemps 2020, certains d’entre nous ont choisi de se filmer et de poster sur les réseaux sociaux ces bulles artistiques qui exaltent les sens, qui questionnent, qui nourrissent nos regards, nos pensées… Comme une urgence de continuer. Quelques-uns ont pu reporter leurs événements au prix d’efforts incroyables et de réorganisations pour soutenir les artistes, accueillir des scolaires et animer leur ville. D’autres ont mis en ligne des cours quotidiennement avec toutes les limites que cela comporte, il y a aussi ceux qui ont partagé des concerts en live, des moments de poésie, des écrits, des pièces radiophoniques… C’était une réponse immédiate à un fait totalement nouveau pour contrer l’immobilité de nos corps, la privation de nos sens, la frustration de nos regards, l’isolement de nos êtres… L’envie de colorer le quotidien, coûte que coûte, et d’offrir ces respirations sans rien attendre en retour, pour plus de légèreté face au confinement et à l’éloignement des uns avec les autres. Ça nous l’avons créé.

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Puis, lors du déconfinement, nous nous sommes appliqué-e-s à transformer, à revoir et à réduire nos modes opératoires afin de respecter les règles sanitaires. Hautement soucieux de veiller à la santé de nos élèves, de nos publics, de l’Autre tout simplement, nous l’étions et nous le sommes – indiscutablement. A l’heure de ce deuxième confinement, nous voici à nouveau enfermés. Le médium écran, le numérique, le virtuel et la gratuité ont atteint leurs limites pour tout ce travail que nous menons et qui ne peut fondamentalement pas se construire à distance, dans la durée. Nos secteurs reposent sur l’indissociable co-présence des acteurs : enseignants art-sport/élèves, comédiens-danseurs-musiciens/spectateurs, artistes/festivaliers-citoyens, etc…

Nous, les acteurs de terrain de ce vivre ensemble, qu’il se construise dans une équipe de hand- ball, dans un jardin collectif, devant une caméra, dans un cours de théâtre, de danse, de musique, une chorégraphie, un concert, dans une exposition, une installation participative ou un spectacle théâtral, nous refusons aujourd’hui cet enfermement qui, chaque jour davantage, le met à mal. Nous revendiquons haut et fort le caractère essentiel de nos professions pour les habitants de nos villes et de nos territoires. Nous sommes conscients de leur apporter ce bien être physique, mental, émotionnel nécessaire à l’équilibre personnel et à la cohésion sociale, et cela d’autant plus dans le contexte sensible des crises successives que nous traversons. Nous sommes soucieux de faire découvrir de nouveaux langages, de surprendre avec des points de vue différents, de faire rire, de faire rêver, d’éveiller la curiosité, de partager une culture qui vient d’ailleurs. Nous savons que nos structures, petites ou grandes, animent notre territoire, créent du savoir, des rencontres, du lien social, attirent les visiteurs, valorisent et dynamisent notre territoire. Nous représentons une force économique ! Nous ne cèderons pas à cette agonie imposée.

Nous affirmons l’interconnexion de notre survie à celle de tout le tissu économique local dont nous faisons partie et duquel nous sommes solidaires. Si nous avons la perspective de voir s’ouvrir nos théâtres, nos cinémas, nos médiathèques et nos lieux d’exposition à partir du 16 décembre, l’enseignement artistique et sportif reste encore sur la touche. Nous formulons le vœu de retrouver le chemin de nos salles de sports, de nos salles de concerts, de pratique théâtrale, de nos studios de danse et d’enregistrement, pour continuer notre travail et rendre à la population le droit et l’accès essentiels à ses pratiques culturelles, artistiques et sportives. »

> Les élus étaient également présents : Jean-Marc Vayssouze, maire de Cahors, et président du Grand Cahors, Françoise Faubert, adjointe à la culture, José Tillou et Bénédicte Lanes, vice-présidents du Grand Cahors, Marie Piqué, vice-présidente de la Région, Geneviève Lasfargues, conseillère municipale et conseillère régionale

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