Cahors : « Mauvais » diagnostic aux urgences, les explications de la direction
Alexandra tire le signal d’alarme, l’établissement revient sur ce dossier.
Ce n’est pas une charge contre l’hôpital mais un signal d’alarme. Alexandra a alerté la presse locale sur la situation qu’a vécue sa mère, Marie-Claude, âgée de 74 ans : « Elle s’est présentée aux urgences de l’hôpital de Cahors le 3 février 2025, aux alentours de 10h45, pour une douleur abdominale intense au niveau du flanc droit, accompagnée de malaises et de vomissements et d’un affaiblissement sévère. Après une attente de plus d’une heure en salle d’attente, elle a été reçue par une infirmière qui lui a pris sa tension, son taux d’oxygénation, sa glycémie et sa température. Par la suite, le médecin, avant même de l’ausculter, lui a demandé pourquoi elle n’avait pas consulté son médecin traitant avant de se rendre aux urgences. Il s’est ensuite contenté d’une brève palpation et a conclu à une gastro-entérite. Ma mère, malgré ses difficultés à parler en raison de la douleur, a précisé qu’elle ne souffrait pas de douleurs gastriques et qu’elle se sentait très mal et que bien évidemment, elle ne serait pas déplacée pour une simple gastro-entérite. Le médecin lui a alors rétorqué qu’elle n’avait qu’à appeler le 116/117 et que, « peut-être elle reviendrait aux urgences ». Ma mère a alors répondu, dépitée, qu’elle était déjà sur place. L’infirmière présente s’est contentée de souffler, manifestant son exaspération face à la présence de ma mère. Je suis donc venue la récupérer aux alentours de 12h20. Face à cette prise en charge insuffisante, mon père, par chance, a pu avoir un rendez-vous dans l’après-midi du même jour avec leur médecin traitant. Ce dernier, très surpris qu’aucun examen complémentaire n’ait été effectué aux urgences, a réalisé un électrocardiogramme en cabinet et prescrit une prise de sang, réalisée le 4 février au matin. Les résultats se sont révélés alarmants, avec une CRP à 129.3 mg/l, qui met en évidence une infection grave qui nécessite une prise en charge immédiate. A titre d’information le taux normal de la CRP doit être < à 3.3 mg/l. Le laboratoire a immédiatement contacté ma mère pour l’inciter à consulter sans délai. Son médecin traitant a, devant la gravité des résultats, pris lui-même rendez-vous pour un scanner en urgence. Le diagnostic est alors tombé : péritonite appendiculaire localisée. Ma mère a été opérée en urgence dans la soirée du 4 février 2025. Que se serait-il passé si son médecin traitant n’avait pas pu la recevoir en urgence ce jour-là ? Ma mère aurait pu rester sans prise en charge adéquate, avec une péritonite non diagnostiquée, mettant directement sa vie en danger. Il est inadmissible qu’un service d’urgences, dont la mission première est de garantir la sécurité des patients, puisse passer à côté d’un diagnostic aussi grave. Le médecin qui a pris en charge ma mère aux urgences n’a manifestement pas respecté son devoir de soin consciencieux et adapté, qui exige une évaluation rigoureuse de l’état de santé du patient et des décisions médicales appropriées. L’absence d’examens complémentaires (un bilan sanguin au minimum), combinée à une prise en charge insuffisante, a conduit à une mise en danger évidente de ma mère dont l’état nécessitait une intervention immédiate. Un tel manquement aux obligations professionnelles est inacceptable et profondément déplorable. Ce manquement, qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques, doit impérativement être signalé. J’entends qu’ils travaillent à flux tendu mais là on est passé pas loin du drame. Je remercie le service de chirurgie viscérale de l’hôpital de Cahors et le chirurgien qui a opéré ma mère. »
La directrice générale de l’hôpital , Sonia Neurrisse, : « Nous avons été contactés par les médias locaux au sujet d’une plainte adressée par une patiente hospitalisée dans les services d’urgences de notre établissement. Tout d’abord, nous souhaitons exprimer notre sincère soutien à la malade et à sa famille. La santé et la sécurité des patients demeurent notre priorité absolue. Concernant le cas présent, après enquête auprès du service concerné, nous pouvons fournir les données factuelles suivantes. La patiente s’est présentée et a été accueillie aux urgences le 3 février pour des douleurs abdominales et des vomissements. Elle a été prise en charge par l’infirmière d’accueil et d’orientation qui a recueillie les paramètres physiologiques considérés comme satisfaisants. Le médecin urgentiste après son examen clinique et analyse des paramètres physiologiques, a conclu à l’absence de critères de gravité nécessitant une hospitalisation à l’hôpital. Elle fut orientée vers son médecin généraliste et en cas de difficultés, il lui a été proposé d’appeler le 116-117. Malheureusement, l’évolution clinique ne fut pas favorable puisqu’un examen scanner abdominal réalisé en urgence à l’hôpital, prescrit par son médecin traitant, consulté après son passage aux urgences, a mis en évidence des signes de gravité nécessitant une intervention chirurgicale urgente. Elle a été opérée dans notre établissement avec une évolution heureusement favorable. Nous comprenons la réaction de la patiente et de sa famille considérant qu’il y a eu un retard de diagnostic. Néanmoins, l’enquête interne n’a pas révélé d’erreur ou de faute dans cette prise en charge médicale. Nous regrettons une telle situation douloureuse et nous sommes à la disposition de la patiente et de sa famille pour fournir toutes informations supplémentaires. »