Interview de la tête de liste de Cahors en Commun.
Avant le 1er tour des élections municipales, Medialot a fait le point avec les candidats. Entretien croisé. Questions à Elsa Bougeard, tête de liste de Cahors en Commun.
> Medialot : à moins d’une semaine du 1er tour, dans quel état d’esprit vous situez vous ?
Elsa Bougeard : nous sommes pleinement mobilisés. Les échanges nombreux dans cette campagne montrent une forte envie de changement. Ces derniers jours, nous continuerons à être sur le terrain pour aller convaincre et transformer cette attente en vote. Nous n’oublions pas que la majorité sortante a été élue par moins d’un électeur sur quatre en 2020. Nous voulons mobiliser jusqu’à la dernière minute. Ensuite, en tant que tête de liste, je me sens à ma juste place. Nous portons un programme qui est en accord parfait avec ce que je défends depuis le début de mon engagement en politique. Nous sommes la liste de gauche solide sur ses appuis. Nos mesures sont à même d’améliorer concrètement le quotidien, nous voulons engager la bifurcation écologique, donner à notre jeunesse une vraie place. C’est déterminant à l’heure où nous devons faire face à la montée de l’extrême droite et au réchauffement climatique. Nous avons aussi inscrit sur les listes électorales des personnes abstentionnistes ou mal inscrites grâce à nos propositions sur la démocratie, notamment le référendum d’initiative qui permet de proposer, faire voter et révoquer les élus. Faire reculer la résignation est toujours une victoire. Enfin, le dernier mot qui me vient est l’énergie. Quand des gens viennent m’interpeller dans la rue pour me remercier de porter un combat juste et sans compromission, ça donne de l’énergie. Quand en porte-à-porte, les personnes voient dans nos propositions de l’espoir, on sait pour quoi et pour qui on se bat.
> M. : comment s’est déroulée votre campagne ?
E.B. : notre campagne a commencé il y a presqu’un an quand nous avons fait un appel à constituer un collectif autour du programme du Nouveau Front Populaire. Notre équipe est devenue soudée au fil du travail que nous avons mené. La diversité des profils, l’engagement des colistiers et colistières – pour certains le premier en politique – et l’étendue des compétences de notre liste sont déjà une réussite. Si nous sommes élus, nous pourrons être opérationnels immédiatement. Ensuite, nous avons été à la rencontre des habitants en les questionnant sur leurs priorités, leurs propositions. Notre objectif, était de mobiliser les Cadurciennes et Cadurciens en portant leurs préoccupations. Pour cela, nous avons fait une campagne de terrain. On aurait pu se contenter d’une campagne confortable, dans des salles de réunion. Mais, depuis un an, nous avons arpenté la ville en porte-à-porte, nous avons cherché à rencontrer les habitant.es là où ils sont : devant les écoles, les administrations, les places publiques… Nous avons cherché à mobiliser les résignés, les dégoutés. Nous avons mené une campagne en positif, une campagne « pour » des propositions. Les campagnes électorales sont des moments d’échanges riches, de réflexion, de formation. Des liens se font, des réseaux s’établissent. C’est toujours un moment enthousiasmant.
> M. : quelles sont vos priorités pour Cahors et pensez-vous que vos propositions sont susceptibles d’y répondre ?
E.B. : notre programme porte quatre grandes lignes. En priorité, mettre en place les outils de démocratie participative et directe. C’est une très forte attente des Cadurcien.nes, comme de la majorité des français d’ailleurs. J’ai évoqué le RIC, la révocation des élus. Ce seront aussi des conseils de quartiers avec des budgets participatifs autonomes, des temps de question ouverts au conseil municipal, le droit de pétition. Pouvoir proposer et décider, ce sont aujourd’hui des nécessités pour dépasser les simples concertations. Nous avons des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat de tous ou de façon ciblée : gratuité des premiers m3 d’eau, tarification de la cantine plus progressive avec la gratuité pour les plus précaires, des zones bleues de stationnement, une mobilité moins chère… Nous engagerons la bifurcation écologique. Du retard a été pris et nous voyons encore des propositions très contradictoires avec cet objectif. On ne peut pas faire de l’écologie et du béton en même temps. Ce sera une écologie pour vivre mieux et moins cher : isolation des bâtiments, végétalisation de la ville avec des ilots de fraicheur, une mobilité moins dépendante de la voiture, une alimentation plus locale… Écologie pourvoyeuse d’emplois locaux et utiles. Et enfin, construire une ville qui prend soin et protège toutes les générations par un meilleur accès aux soins, des liens intergénérationnels renforcés, un soutien plus pérenne aux associations et des quartiers plus vivants.
> M. : comment abordez-vous ce scrutin, sa configuration à trois listes et l’adversité à laquelle vous avez à faire face ?
E.B. : nous formons la liste de la nouvelle gauche, celle qui porte un projet resté fidèle au programme du Nouveau Front Populaire. Certains d’entre nous étions membres des listes Cap à gauche et Cahors en transition en 2020. Nous partons unis. Pour le reste du spectre politique, les Cadurciens auront le choix entre deux autres listes. Nous ne pouvons qu’espérer que cette faible pluralité démocratique n’empêchera pas les citoyens de trouver un projet qui leur corresponde. Nous abordons ce scrutin sereinement. Nous n’avons pas de carrière à défendre, nous avons une vision, un projet que nous voulons voir aboutir. Nous avons pu proposer notre projet dans une campagne joyeuse, dynamique et de proximité. Concernant l’adversité, je pense que chaque liste a pu mener sa campagne de manière sereine. Le temps électoral est un temps de confrontation de projet. Malheureusement, nous avons été les seuls à demander un débat. Il aurait nourri la réflexion et permis un choix éclairé. Notre démocratie et la participation citoyenne en dépendent.
> M. : un dernier mot ?
E.B. : les élections municipales ne sont pas d’un enjeu mineur. Elles déterminent tant de choses dans le quotidien : la mobilité, le logement, le service public de l’école, de l’eau, les crèches, le cadre de vie, l’écologie, l’accès à la culture, au sport… Les élections sont le seul moment où les citoyens sont parfaitement à égalité : chaque voix compte pour un, que l’on soit précaire ou milliardaire. Alors, nous le répétons : allez voter. Comparez les programmes, choisissez, ne vous faites pas voler votre quotidien !





