Les policiers lotois étaient mobilisés lors des manifestations de ce samedi.
Ce samedi 31 janvier 2026 s’est déroulée partout en France une grande journée de mobilisation à l’appel du syndicat majoritaire Alliance Police Nationale. À Toulouse, plus de 500 manifestants se sont rassemblés devant la préfecture de la Haute-Garonne. Des agents de la DDPN 46 et des policiers nationaux du Lot se sont rendus à Toulouse et à Perpignan. Contacté, Jean-Paul Peixoto, secrétaire départemental Alliance Police Nationale 46, est revenu sur la situation locale : « La situation des effectifs en zone police est aujourd’hui catastrophique. Les policiers sont à bout. La continuité du service public de sécurité repose désormais sur des équilibres extrêmement fragiles, au détriment de la sécurité des agents comme de celle de la population. Les unités de Police Secours et du GSP sont confrontées à un sous-effectif chronique, à un point tel que le recours à la réserve opérationnelle est devenu indispensable pour assurer la continuité du service. Il n’est pas rare de n’avoir qu’un seul véhicule d’intervention disponible pour couvrir toute la circonscription. Il est malheureusement déjà arrivé qu’un unique équipage, composé de réservistes et d’un seul policier titulaire, assure seul l’ensemble des interventions la nuit ou seulement deux policiers en service pour couvrir tout le secteur, une situation totalement inacceptable et dangereuse. C’est aujourd’hui le quotidien des policiers, fatigués, usés physiquement et moralement par ces conditions de travail dégradées qui perdurent. À cela s’ajoutent les arrêts maladie, venant encore affaiblir des effectifs déjà insuffisants. L’arrivée prochaine de plusieurs policiers adjoints apportera un renfort ponctuel. Toutefois, nous alertons clairement : sans l’arrivée impérative de policiers titulaires, ces personnels ne pourront être encadrés correctement ni engagés en toute sécurité lors des interventions. Nous saluons l’affectation prochaine d’un gardien de la paix, mais dénonçons le fait que le second agent initialement prévu ait annulé sa venue, sans qu’il ait été procédé à son remplacement. Nous exprimons une incompréhension totale face au refus de l’administration de recourir à un tirage sur liste complémentaire, pourtant possible et pleinement justifié au regard de la situation locale. Le service investigation du SDPJ 46 souffre d’un manque criant d’effectifs OPJ, rendant difficile le traitement efficace des procédures. À cela s’ajoute l’utilisation d’un logiciel de procédure obsolète, d’un autre âge, comparable à un Minitel sur lequel on aurait greffé des applications modernes : dysfonctionnements permanents, bugs incessants, lenteurs…Il est inadmissible de demander toujours plus aux policiers tout en les contraignant à travailler dans de telles conditions. Les renseignements territoriaux sont eux aussi en sous-effectif chronique. Les personnels sont épuisés, mobilisés en permanence, notamment lors des nombreuses manifestations, sans renforts suffisants. Les moyens matériels sont tout aussi préoccupants, avec notamment un véhicule dépassant les 200 000 kilomètres, symbole d’un manque d’investissement évident. La police technique et scientifique est également touchée par le manque d’effectifs, conduisant à des situations où les agents se retrouvent seuls, incapables d’assurer l’ensemble des missions dans des conditions normales. C’est pour toutes ces raisons que nous étions nombreux à Toulouse, Perpignan, Nîmes et une vingtaine de villes en France aux côtés de nombreux citoyens et d’élus, pour dire ça suffit. Assez de la gestion comptable de la sécurité, assez de l’épuisement des policiers. Qui accepterait de travailler dans ces conditions ! Des effectifs, des moyens et du respect pour les policiers sont nécessaires immédiatement. Nous espérons un renfort conséquent lors du prochain mouvement général de mutations et profilés. »





