Les auteurs du site consacré à cet épisode de la Shoah sont venus expliquer leur travail.
A l’initiative de leur professeur d’histoire Denis Foissac, deux classes de 3ème du collège de l’Impernal, à Luzech, ont reçu il y a quelques jours la visite de Nelly Blaya et Philippe Mellet, auteurs du site Internet qui retrace l’histoire de la Maison d’Espère. De juin 1940 à décembre 1943, ce qui était d’abord une petite colonie de vacances en région parisienne ayant fui l’avancée allemande devint au fil des mois et des ans un refuge pour des enfants français ou étrangers de confession juive, exfiltrés des camps de la « zone sud » ou rescapés des rafles. Puis, le danger grandissant, la Maison ferma ses portes et les enfants furent pour la plupart dirigés vers Lyon et la Savoie et conduits vers la Suisse.
Implantée d’abord à Mercuès (au château puis dans la salle des fêtes, de nos jours le bureau de la Poste), puis à Douelle et enfin à Espère à compter du printemps 1942, la Maison dont l’histoire était jusqu’alors très peu documentée aura accueilli au total quelque 80 enfants juifs. Les élèves de 3ème qui ont à leur programme l’étude de la Seconde guerre mondiale ont ainsi appris comment la Shoah a pu concerner le Lot mais aussi comment, dans un environnement qu’ils connaissent bien, une population majoritairement bienveillante a accueilli et vécu à proximité d’un lieu de sauvetage.
« Ce qui s’est passé alors fut une forme de résistance » ont souligné les intervenants, photos et docuements d’arcives à l’appui, qui ont détaillé les parcours de certains des petits pensionnaires de l’époque : Marie Sztanke, née à Paris de parents polonais et qui grava son nom dans une maison de Douelle, mais, rentrée en 1941 auprès des siens, fut arrêtée avec sa mère puis déportée en février 1944 et mourut à Auschwitz, et les enfants Bertha et Léo Dreyfuss, nés en Allemagne, internés à Gurs puis à Rivesaltes, exfiltrés par une œuvre humanitaire et qui passèrent plusieurs mois à Espère avant de gagner la Savoie, la Suisse et ont été in fine recueillis par une tante vivant à New-York alors que leurs parents ne rentrèrent pas de l’enfer… Toujours en vie, ils témoignent sans relâche de ce que fut la Shoah.
Les collégiens de Luzech ont été invités à poursuivre cette découverte en parcourant le site Internet qui reflète le long mais précieux travail de Nelly Blaya et Philippe Mellet, respectivement photographe et journaliste, qui se sont définis volontiers comme « historiens citoyens ». L’occasion pour les adolescents comme pour tous les Lotois de passer en revue bien des aspects de la mise au ban des Juifs puis de la mise en œuvre de la Shoah (statut scélérat interdisant certaines professions aux Juifs, internements, dénaturalisations…) mais aussi de transmettre la mémoire des victimes et de saluer le courage des résistants juifs ou non juifs qui firent tout leur possible pour sauver les familles ou, dans les camps, au moins les enfants…
Site à retrouver à l’adresse http://maison-espere.fr





