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A Cahors, la tombe du vénérable grognard Durand Miniot sauvée de la ruine

Le Souvenir français s’est mobilisé pour restaurer la sépulture du sergent blessé en 1809. 

A lire ses états de service, il nous semble parcourir un manuel d’histoire. Né à Cahors le 26 mars 1776, Durand Miniot n’a que 16 ans quand le 18 septembre 1792 il rejoint le 3e Bataillon du Lot pour servir à la formation de la 3e demi-brigade du 54e Régiment de ligne. Ce fut un bon soldat, puisqu’il va gagner du galon : le Quercynois est promu grenadier le 11 fructidor (décembre) 1796, caporal le 16 ventôse (mars) 1799 et enfin sergent le 20 juillet 1809. Mais que de chemin parcouru, au sens propre comme au sens figuré. Durand Miniot a d’abord combattu pour défendre la jeune république française puis il sera un fidèle grognard suivant Napoléon Ier sur nombre de champs de bataille.

Loin de ses terres natales, le Lotois a commencé par la campagne de Belgique puis il enchaîne par la conquête de la Hollande et intègre dans la foulée l’Armée du Rhin. Durant l’An XI de ce qui est encore la république, soit 1802-1803, le voilà embarqué pour l’expédition de la Louisiane. Rentré en Europe, alors que le Premier empire a débuté, il se bat en Prusse puis en Pologne et en 1809, enfin, notre cher Durand Miniot est appelé à guerroyer en Espagne, laquelle réclame son indépendance et s’allie à cette fin avec les Anglais. Il vient à peine d’être nommé sergent que le 28 juillet 1809, lors de la bataille de Talavera de la Reina (province  de Tolède), le sous-officier est très grièvement blessé par « un boulet qui lui a emporté la cuisse droite ».

De retour à Cahors, il devient « Légionnaire »

Pourtant, il n’est admis à la retraite que le 16 mars 1812. Et il rentre à Cahors où il était né en la paroisse Notre-Dame de la Daurade le 26 mars 1776 (ses parents se nommaient Joseph Miniot et Marie Albouys). Cependant, après avoir connu l’Ancien régime, la Révolution de 1789, le Consulat, l’Empire, la Restauration, la révolution de 1830 (les Trois Glorieuses), le sergent retraité peut constater que si les régimes passent, la patrie demeure reconnaissante. Au printemps 1835, Durand Miniot est fait chevalier de la Légion d’honneur. Ironie du sort (ou pas), durant la cérémonie en date du 7 juin, le récipiendaire doit jurer fidélité au roi de France (Louis-Philippe) et obéissance à la charte constitutionnelle…

Outre le prestige de la décoration, celle-ci s’accompagne d’une gratification s’ajoutant à la pension de retraite. Le vaillant Lotois peut être tranquille et on peut penser que c’est dans une certaine sérénité qu’il aborde la dernière période de sa vie. Il meurt le 31 juillet 1846 dans sa 71e année en son domicile de Saint-Projet, laissant une veuve, Jeanne Henderson (native de Hollande, elle est décèdera à 76 ans le 18 avril 1863). On note qu’en marge de l’acte de décès, il a été mentionné « Légionnaire ». C’est également ce que l’on retrouve sur sa stèle funéraire : « Ci-git avec sa famille Durand Miniot, chevalier de la Légion d’honneur ». Plus bas, il est enfin gravé : « A perpétuité ». La formulation valant d’une certaine façon et pour la qualité du défunt, et pour la concession de la tombe. Mais avec le temps… Si les nom, grades et qualités du sergent Durant Miniot ont été conservés dans les archives de l’ordre de la Légion d‘honneur (avec son acte de naissance, le procès-verbal de réception et ses états de service, entre autres), dans le cimetière de Cahors, le monument s’est peu à peu dégradé.

Mobilisés au service de l’histoire et de la mémoire

La suite nous est retracée par Robert Delsart, délégué général pour le Lot du Souvenir Français, dont la mission est de s’impliquer « dans la conservation du devoir de mémoire pour les jeunes générations, la participation aux manifestations locales et l’entretien des stèles de citoyens morts pour la France » : « Lors d’une cérémonie, j’ai été sollicité par Madame Bouat, présidente de la section lotoise de la Société des membres de la Légion d’honneur. Elle m’a demandé si le Souvenir Français pouvait intervenir afin que cette tombe soit sauvée de la ruine. J’ai donné mon accord de principe, quand bien même cette initiative n’entrait pas dans le strict cadre de notre vocation, laquelle se limite si je puis dire aux Morts pour la France durant et depuis la Première guerre… J’ai d’abord joint Madame Courget, directrice du service Patrimoine de la ville. Après étude, celle-ci m’a indiqué qu’il n’y avait plus de descendant de Durand Miniot sur Cahors. Mais nous avons eu l’autorisation d‘intervenir. Après de toutes premières opérations de nettoyage, nous allons missionner un artisan pour restaurer le soubassement du monument et la stèle. De son côté, la collectivité prendra en charge les ornements en ferronnerie. »

Dans le très républicain département du Lot qui donna tant d’hommes d’État au pays (Gambetta, Monnerville, Faure…), mais qui fut aussi la patrie de Murat et de Bessières, au fond, on retiendra que l’important est de conserver la mémoire des sacrifices de nos aïeux, car ils servirent leur patrie. Ils accomplirent leur devoir et parfois même davantage. En ce week-end de Toussaint, à travers le destin du sergent Miniot et du sauvetage de sa tombe, le Souvenir Français est fidèle à sa mission.

Ph.M.

– A noter que la Délégation Générale de l’association mémorielle le Souvenir Français du Lot et le comité de Cahors Grand Cahors organisent la quête nationale au profit des morts pour la France du 30 octobre au 2 novembre 2026. Les bénévoles seront présents à l’intérieur du cimetière entrée porte Saint-Michel de Cahors ville. La totalité de cette quête est consacrée à l’entretien des sépultures des Morts pour la France.

– Photo : la tombe du sergent Miniot menaçait ruine. Les premiers travaux ont débuté.

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