Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi. La France est sous le choc. A Paris et dans certaines villes de province, les manifestations regroupant lycéens, étudiants et citoyens protestant tout à la fois contre les difficultés de l’éducation nationale (Parcoursup, manque d’enseignants etc.) et la vie chère (entre autres), ont rassemblé d’importants cortèges mais se sont soldées par des incidents, des affrontements, des pillages, des incendies. Des ultras et des casseurs, rejoints par des délinquants opportunistes, ont transformé certaines fins de manifestations en émeutes. Devant la mairie de Cahors, ce lundi, élus et citoyens se rassemblent. Le premier magistrat Vivien Coste résume leur sentiment : « Aussi simplement que nécessairement, les maires de France en appellent à la solidarité envers celles et ceux dont le message, le quotidien et l’intégrité ont été honteusement affectés. En tant qu’élus locaux, nous avons la responsabilité d’aller vers les Cadurciens fragilisés, d’écouter, de tenter d’apporter des réponses concrètes à leur quotidien. Que ce qui fonde notre République, ceux qui réparent les blessures, ceux qui contribuent au vivre-ensemble, les mairies et par-delà nos institutions résistent. » Pour le reste, ma tigresse domestique alterne entre résignation et volonté de résister (au découragement) : « Quand tous les clignotants sont au rouge, quand la société est toujours plus violente – et pas seulement dans la rue – , quand les prix s’envolent, quand la planète s’affole et le climat avec, qui peut s’étonner que les volcans se réveillent ? » Et elle conclut en citant Max Gallo : « Un événement de l’ampleur de la Révolution Française n’est jamais terminé. » Oups ! Nous ne sommes pas sortis de l’auberge…
Mardi. Je lis sur Medialot la présentation et les premières déclarations de la colonelle Caroline Monge, nommée cet été à la tête du groupement de gendarmerie du Lot. Elle évoque ses objectifs : « Nos priorités sont la lutte contre les violences aux personnes dont les violences intrafamiliales et les violences sexuelles. La lutte contre les trafics de stupéfiants se poursuit. Nous ne relâchons pas nos efforts concernant les atteintes aux biens en particulier les cambriolages. Nous poursuivons nos actions pour restaurer la sécurité du quotidien sans oublier la sécurité routière et le contrôle des flux. » Soit. Mais Sibelle retient aussi cette phrase où la colonelle Monge indique que la nouvelle brigade de gendarmerie de Saint-Cirq-Lapopie sera prochainement opérationnelle. Rassurons les héritiers d’André Breton : il n’est pas question pour autant d’interdire dans la capitale du surréalisme la pratique « ludique » des cadavres exquis.
Mercredi. Si la France va mal, les Français restent toutefois attachés à certaines traditions. J’apprends ainsi par hasard que le week-end dernier, à Villefranche-du-Périgord, c’est-à-dire à un jet de pierre de notre beau département, se déroulait le traditionnel concours du craché (ou cracher) de châtaigne. La meilleure performance de l’édition 2026 n’a pas dépassé les six mètres. Loin du record du monde établi en 2024, soit un jet de 9,20 m ! Ma protégée féline sourit. Mais ne se moque point. Elle sait que j’ai moi-même participé, il y une dizaine d’années, lors de festivités organisées sur le port de Doëlan, dans le Finistère, au championnat du monde du lancer de sardine. Ben oui. Et heureusement. C’est aussi cela, la France.
Jeudi. On peut le dire, l’adjectif n’est pas usurpé. Ce 22 octobre 2026 restera une date « historique » à Cahors : sous les yeux émus d’un aréopage de personnalités, « la vanne permettant d’acheminer l’eau de la nouvelle unité d’ultrafiltration de Cahors vers le réseau de distribution a symboliquement été ouverte ». Si tout n’est pas encore achevé au niveau bâtiment, l’Agence de santé a donné son feu vert, et l’eau provenant de la Fontaine des Chartreux transite désormais par cette nouvelle unité d’ultrafiltration. Adieu les turbidités récurrentes lors d’intempéries, adieu la queue devant les points de distribution d’eau en bouteille, adieu les sarcasmes des uns, les grimaces des autres au vu de l’augmentation des factures. Maintenant, on sait que l’on paie pour boire de l’eau potable même quand il pleut. Mais Sibelle s’en fiche : elle, son plaisir, c’est de s’hydrater auprès des flaques d’eau. C’est pourquoi il n’est jamais recommandé de donner sa langue au chat.
Vendredi. On change d’heure ce week-end. En théorie, on va donc gagner une heure de sommeil. Une soirée festive est du reste programmée à la cathédrale et dans son cloître dans le cadre de la « 25e heure ». Dans notre maison, sur les hauteurs du vieux village, j’espère simplement qu’aucun miaulement nous privera de ce bonus. Une heure, c’est toujours bon à prendre bien calé au fond de son lit. Là où l’on va moins rigoler, évidemment, c’est quand la nuit s’invitera une heure plus tôt. Curieusement, l’hiver venu, fin décembre, on touchera le fond de la piscine puis l’on regrimpera. Minute par minute. Parce que c’est ainsi depuis que le monde est monde : le printemps revient toujours.
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