Il a reçu une délégation de cinq élèves.
Le député du Lot Christophe Proença s’est rendu mardi à Saint-Céré pour échanger avec les lycéens du lycée Jean Lurçat qui manifestaient. Il a reçu une délégation de cinq élèves venus faire part de leurs revendications sur leurs conditions d’études, la situation de l’éducation nationale et leurs inquiétudes pour l’avenir.
« Je veux d’abord dire mon soutien aux enseignants. Ils exercent leur métier dans une période où la considération portée à l’Éducation nationale est insuffisante ». Pour Christophe Proença, les difficultés rencontrées ne peuvent être dissociées du manque de stabilité des politiques éducatives : « Huit ministres en dix ans, des réformes successives, des changements permanents de règles : on ne peut pas demander aux enseignants, aux administrations des lycées et aux élèves de s’ adapter sans cesse, parfois du jour au lendemain. »
Le député a également entendu les difficultés concrètes exprimées par les lycéens : complexité des emplois du temps liée à la réforme du lycée et aux enseignements de spécialité, manque de professeurs dans les lycées, inquiétudes liées à l’orientation et à l’ accès à l’enseignement supérieur. Il se montre particulièrement critique sur Parcoursup : « Le calendrier et la procédure sont une source d’incertitude importante pour les élèves au moment où ils doivent construire leur projet d’avenir. Parcoursup doit être revu de fond en comble ».
« Cette vision, où l’on gère l’éducation de nos jeunes avec des tableurs Excel, est à rebours de ce que doit être l’école de la République ».
Le parlementaire souhaite que les revendications exprimées par la jeunesse soient entendues : « Nous devons écouter ce que nous disent les jeunes. Ils construisent aujourd’hui leur esprit critique et leur vision du monde. Et au moment où ils doivent bâtir leur avenir, ils voient trop souvent un désordre national et une succession d’incertitudes. Notre responsabilité est de leur montrer qu’il existe un avenir et un destin commun. »
Christophe Proença condamne cependant et sans ambiguïté les violences sous toutes ses formes, les dégradations et les atteintes aux personnes, en rappelant qu’il ne faut jamais opposer l’éducation et les forces de sécurité : « Ce sont deux priorités que l’État doit garantir. La République a besoin des deux, avec des moyens à la hauteur. Il faut des moyens pour l’école, comme il faut des moyens pour assurer la sécurité et faire respecter le droit pour tous ». « A quelques jours près, il a 40 ans, je manifestais contre la loi Devaquet, qui s’attaquait aux universités et à leurs moyens. On peut être jeune et avoir une notion saine de la justice et de la République. Il faut écouter. »
En tant qu’enseignant, Christophe Proença tient également à rappeler que certaines politiques publiques ont produit des avancées concrètes. Tout comme le Département du Lot pour les collégiens, la Région met notamment à disposition des lycéens des ordinateurs portables, mais aussi des équipements destinés aux lycéens professionnels et apprentis. Pour le député, ces dispositifs montrent que des politiques volontaristes peuvent avoir un impact direct sur l’égalité entre les jeunes : « Il y a quinze ans, ces équipements n’existaient pas sous cette forme. Il faut aussi savoir reconnaître ce qui a été fait de positif au niveau local. Mais cela ne doit pas empêcher d’ entendre ce qui ne fonctionne pas et ce que les jeunes et les enseignants nous demandent de corriger au niveau national comme local ». Plus encore, il demande à ce que l’État donne aux collectivités les moyens de l’adaptation des locaux pour leur rénovation thermique : « Réduire les moyens des collectivités, c’est réduire les possibilités d’intervention dans les établissements scolaires ».
Pour Christophe Proença, l’enjeu dépasse donc la seule question des réformes scolaires : il s’ agit de redonner de la stabilité et de la considération à une jeunesse qui demande à savoir quelle place elle pourra prendre dans la société. « L’école publique doit jouer le rôle d’ascenseur social. C’est la promesse républicaine. Nous devons à nos jeunes une école qui leur donne confiance, des enseignants respectés et des perspectives. Ils ont besoin de savoir que la République croit en eux »





