L’audience solennelle d’installation s’est tenue mercredi 30 septembre au tribunal judiciaire de Cahors. Trois nouvelles magistrates rejoignent la juridiction cette année, dont deux au siège et une au parquet. Une arrivée bienvenue pour une juridiction qui doit faire face à une hausse importante des procédures, notamment en matière de violences intrafamiliales.
« Aussi attendue que Pénélope attendait Ulysse. » C’est par cette formule que le président du tribunal judiciaire de Cahors, Olivier Bataillé, a salué l’arrivée de Lauriane Caudron. Après plusieurs années passées dans l’administration pénitentiaire, elle devient la deuxième juge des enfants de la juridiction et sa onzième magistrate.
Avec elle, deux autres magistrates font leur entrée au tribunal de Cahors : Louise Darbon, nommée juge d’instruction, et Marie Junqua, nouvelle substitut du procureur de la République. Trois arrivées qui viennent renforcer une juridiction présentée comme « à taille humaine », mais dont les effectifs restent fragiles.
Nouvelle juge d’instruction, Louise Darbon connaît déjà les lieux. Elle y avait effectué une partie de sa formation comme auditrice de justice. Son parcours l’a également conduite au sein de l’administration pénitentiaire. Elle prendra un congé maternité à partir du mois de novembre.
Au parquet, Marie Junqua succède à Morgane Raffy. Formée notamment par cette dernière, aujourd’hui secrétaire générale du parquet général, la nouvelle magistrate a choisi Cahors dès sa sortie de l’École nationale de la magistrature. Son parcours universitaire l’avait conduite à Toulouse, où elle a réalisé une thèse en droit social. Après avoir été attachée de justice, elle a intégré la magistrature en 2024.
Derrière la solennité de l’audience, la procureure de la République Clara Ribeiro a rappelé une réalité plus préoccupante : l’activité judiciaire augmente, notamment concernant les violences intrafamiliales et les atteintes aux personnes. « Compte tenu de la hausse massive du dépôt de plaintes en matière de violences intrafamiliales, j’ai décidé de prioriser les atteintes graves aux personnes et les stupéfiants », a-t-elle expliqué. Une politique qui vise à mieux prendre en compte la gravité des situations, mais qui « suppose de l’efficacité ».
La protection des personnes vulnérables, et particulièrement des enfants, reste ainsi au cœur des préoccupations de la juridiction. Depuis le meurtre de la petite Lyana, un plan de traitement prioritaire des procédures de cette nature a notamment été mis en place. Selon le parquet, sur les 229 procédures concernées, 94 % avaient reçu une réponse judiciaire au 14 juillet. Mais cette mobilisation a nécessité de « réduire la voilure » sur d’autres contentieux.
L’arrivée de ces trois magistrats ne signifie donc pas que le tribunal dispose soudainement de moyens supplémentaires à la hauteur de ses besoins. Un poste reste vacant au siège et un autre au parquet. Et même avec les nominations de cette année, la juridiction reste loin des effectifs qui permettraient de se rapprocher de la moyenne européenne. Selon les chiffres présentés lors de l’audience, il faudrait doubler les effectifs au siège et multiplier par quatre ceux du parquet pour atteindre cette référence. Pour le président du tribunal, la situation est « morose et stable » en matière d’effectifs. Un douzième poste de magistrat devrait toutefois être créé l’an prochain.
Photo : de gauche à droite, Marie Junqua, Clara Ribeiro, Lauriane Caudron et Olivier Bataillé





