Plus de résultats ...

Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Post Type Selectors
Search in posts
Search in pages

Près de 500 Lotoises ont recours à une IVG chaque année

Mais 40 % d’entre-elles doivent être prises en charge hors du département.

En ce 28 septembre qui est la « Journée internationale pour le droit à l’avortement », l’accès à l’IVG demeure compliqué, dénonce dans un communiqué national le Planning Familial. Selon une enquête réalisée avec ses antennes départementales, les freins d’accès à ce droit inscrit dans la Constitution depuis 2024 sont « la ruralité et les difficultés d’accès géographique (89 %), le manque d’information (76 %), le manque de structures et/ou de professionnel-les (60 %) et les délais de rendez-vous (36 %) ».

Dans le Lot, selon les données du ministère de la Santé, 434 Lotoises ont eu recours à l’IVG en 2016, et plus récemment, 478 en 2022, 535 en 2023 et 493 en 2024. En 2024 toujours, selon l’âge, 24 étaient mineures, 33 avaient 18 ou 19 ans, 94 de 20 à 24 ans, 108 de 25 à 29 ans, 111 de 30 à 34 ans, 84 de 35 à 39 ans et 39, enfin, 40 ans ou plus. Cela étant, un autre chiffre est très révélateur : 40 % des interventions ont été réalisées hors du département. Un pourcentage très élevé, notamment quand on le compare à ceux des départements voisins : il n’est que de 12 % dans le Lot-et-Garonne, 18 % dans le Tarn-et-Garonne ou encore 29 % en Lozère !

Cela n’étonne pas Sevda Gocmen, animatrice du Planning Familial dans le Lot : « Si le nombre de femmes ayant recours à l’IVG dans le Lot se situe dans la moyenne nationale, les moyens humains sont en revanche inférieurs pour répondre à la demande. Nous n’avons ici que cinq professionnels exerçant en libéral et quatre structures publiques, et une seule unité pratiquant les IVG chirurgicales. Par ailleurs, un praticien à Figeac oppose sa clause de conscience… » Par conséquent, des Lotoises se rendent sur Villefranche-de-Rouergue ou, au nord, sur Brive.

Et un budget toujours précaire

Dans ce contexte, quand la sénatrice PS du Val-de-Marne Laurence Rossignol, ancienne ministre de la Famille, annonce déposer une proposition de loi pour que les sage-femmes puissent pratiquer des IVG « instrumentales » dans les centres de santé, Sevda Gocmen juge l’idée pertinente. Quant au Planning familial national, il plaide pour un nouvel allongement du délai légal et la suppression de la clause de conscience. « Le recrutement d’un professionnel habilité à Figeac, ne serait-ce qu’à temps partiel, comme on on en discute acuellement, serait sans doute plus efficace… » note l’animatrice.

Reste que le vrai souci de l’association, dans le département, est pour l’heure sa pérennité sur le plan financier. « Nous n’avons qu’une antenne (à Figeac) mais nous devons assurer des accueils à Cahors, Saint-Céré ou encore Gourdon et Souillac. Par les temps qui courent, cela nous coûte cher. Les subventions de nos financeurs n’augmentent pas et ne sont versées qu’en été. Nous ne bouclons l’exercice 2026 qu’avec l’apport d’une campagne de dons via une plateforme. Ce souci budgétaire pèse sur notre organisation avec de plus en plus de bénévolat ! En terme d’emploi, nous ne salarions qu’1,3 équivalent temps plein… Bref, hors les accueils, permanences et accompagnements, difficile dès lors de faire plus, notamment des actions de prévention et information…»

Ph.M.

Ligne d’écoute au 0800 08 11 11

Partager :