On en recense de nos jours plus de 130 000.
C’est une carte qui circule sur les différents réseaux sociaux : on y découvre « le nombre d’automobiles par département » en 1921. Le Lot en compte alors 409. Et figure parmi les départements les moins équipés, le chiffre le plus modeste revenant à la Lozère (133). Dans les départements voisins, l’Aveyron en recense 1031, le Tarn-et-Garonne 617 et la Corrèze 697.
Mais ce sont des donnés en trompe-l’œil. Car la seule démographie n’explique pas les écarts avec des départements comme la Saône-et-Loire (2 680) ou la Sarthe (2 101). Il faut en effet remonter à la source, en l’occurrence, l’édition du 6 octobre 1921 du quotidien national « L’Auto-Vélo » (l’ancêtre de L’Equipe). Dans ce numéro largement consacré au Salon de l’Automobile dont la XVIe édition a été inaugurée la veille au Grand Palais, à Paris, le journal publie effectivement un tableau statistique sur le nombre d’automobiles mais on y lit ces précisions importantes : « Le tableau que nous publions résume par département, d’une part, le nombre des véhicules automobiles affectés au transport des marchandises ; d’autre part, le nombre des véhicules réservés au transport des personnes, c’est-a-dire voitures de tourisme. »
D’où cette remarque pleine de bon sens de nos confrères de l’époque : « On remarquera que les voitures pour livraison de marchandises se trouvent en plus grand nombre, comme cela apparaît d’ailleurs naturel, dans les départements industriels. » Le quotidien ajoute que le total de 237 125 voitures recensées et imposées par le fisc (au nom de la taxe dite de circulation) doit être observé avec prudence car ladite taxe est trimestrielle. Une voiture ayant changé deux voire trois fois de propriétaires dans l’année mais habitant dans des départements différents est donc comptabilisée deux voire trois fois.
Retour au Lot. Cette année-là, sont décomptés 84 voiture de transport de marchandises (on parlerait aujourd’hui d’utilitaires légers) et 324 voitures de tourisme. Mais dans un département industrialisé, les proportions sont très différentes. Ainsi, la Saône-et-Loire, compte 821 utilitaires sur 1859 voitures et mieux encore, dans le Rhône les chiffres sont de 3 022 et 4 056. Et dans les Ardennes (où le textile et la métallurgie sont encore florissants malgré la guerre), les chiffres sont de 656 et 829… Mais c’est dans l’Aisne que les données apparaissent incroyables : 2 784 voitures de transport de marchandises pour seulement 779 voitures de tourisme !
En 1921 toujours, ont dénombrait près de 1500 vélos dans le Lot…
En un peu plus d’un siècle, évidemment les statistiques ont littéralement explosé. « Au 1er janvier 2025, en France, le parc automobile se compose de 39,7 millions de voitures particulières, 6,5 millions de véhicules utilitaires légers (VUL), 622 000 poids lourds et 95 000 autobus et autocars en circulation » selon le SDES (service statistique des ministères des Transports et de l’Environnement). Quant au Lot, selon le « Journal de l’Automobile », il comptait en 2024 pas moins de 134 212 automobiles pour un peu plus 175 000 habitants…





