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Cahors : L’or des Forêts, écorce de nos rêves, une plongée vibrante et généreuse au cœur du vivant !

Retour sur le spectacle des 13 et 14 juin 2026. 

Samedi 13 et dimanche 14 juin, le Centre Chorégraphique Nora Turpault a partagé sa nouvelle création L’or des Forêts, écorce de nos rêves. Les spectateurs ont répondu présents pour ces deux représentations affichant complet. La salle de l’auditorium a vibré haut et fort !

Loin d’être un simple spectacle de danse de fin d’année, c’est à une véritable célébration que la chorégraphe nous a conviés. Célébration de la danse et de son essence : la joie, la vie, sous toutes ses formes. Elle a choisi de nous faire entrer dans l’antre du monde végétal. Baigné dans des univers musicaux soigneusement choisis et sublimés par un éclairage subtil, la forêt a pris corps, tantôt refuge ou source de vie mais aussi lieu de mystère et de transformation.

Dans un hommage aux éléments et à toutes les vies réunies dans la forêt, la divine Schnaïda s’est mise en mouvement. Ses mille bras étaient des feuilles, des lianes, des rivières. Puis elle s’est transformée en panthère, en animal furtif. Toute la vie sauvage végétale, animale, semblait se mouvoir sur scène dans un seul corps : celui de la Forêt et finalement l’Esprit de la Forêt. Cette danse inaugurale laissait entendre une voix ferme : « Avant d’entrer dans la forêt, déposez ce qui est trop étroit. Ici, on ne pense pas, on ressent. »

Elle a dévoilé ensuite deux formes enveloppées dans un voile blanc : les rêves protégés par l’écorce de la Forêt. Éléna et Zoé, à l’unisson, se livraient dans un duo contemporain où la pureté de leur présence touchait les cœurs.

Les portes de ce fabuleux temple végétal dansé étaient ouvertes ! Il nous entraînait ensuite dans un ballet foisonnant, poétique et rythmé où se répondait tout le règne du vivant.

Avec L’or des forêts, écorce de nos rêves, que ce soit en solo, duo ou groupes, Nora Turpault a proposé une traversée poétique du vivant. Au fil des tableaux apparaissaient les aigles et leurs prophéties, les fées des forêts, les filles de feu, une cérémonie de l’eau, les bosquets d’Orient. Les corps semblaient parfois surgir des sous-bois, portés par des musiques traversées de souffles, de bruissements et d’échos lointains. Bien au-delà qu’un simple décor, ici, la forêt était une présence.

Cette création honorait autant la puissance du sauvage que sa grâce.  Magnifiquement porté par les danseurs du collectif Azur, « Mycelium » touchait à l’extase et à la transe avec des spectateurs totalement captivés. Les chorégraphies tels des parcelles de la forêt se succèdaient et se répondaient. L’eau, l’air, la terre et le feu prenaient vie dans les corps joyeux et habités des danseuses et des danseurs habillés par les doigts de fée de Vanessa Martinez. Puis ce sont les aigles et les meutes de loups qui nous ravissaient. Les plus fragiles formes de vie végétales s’épanouissaient dans les rondes rythmées des ballets aux noms déjà enchanteurs : « Mycellium », « Hyphes », « Corolla ». Fille du Ciel et de la Terre, la forêt, nous ont prévenus : « Prenez soin de moi je suis l’écorce de vos rêves. Votre joie régule mon pouls. Aussi puissants qu’une promesse, vous incarnez la racine du vivant. Et l’or du ciel vous bénit. »

Un voyage de l’esprit et des sens. Des cercles de mystérieux druides, aux puissantes effusions de hip hop signée par Mila Turpault, on virevoltait avec les danseuses orientales. Nathalie Bénac offrait aussi la grâce de sa danse en signant deux chorégraphies classique, « Terracotta » et « Arborescence ». La magie est venue également de la création lumière de Bernard Revel, et du montage son de Nicolas Barlet. Le final du spectacle en a offert sans doute la plus belle illustration. Tous les danseurs se retrouvaient réunis sur scène et chantaient et dansaient à l’unisson. Au-delà de la qualité artistique du spectacle, Nora Turpault a su créer au fil des années bien davantage qu’une école de danse : un lieu où l’exigence du travail se conjugue avec l’attention portée à chacun. Cette énergie de générosité, de confiance et de lien est palpable. Elle circule entre les danseurs, se transmet au public et constitue sans doute l’une des plus belles réussites de cette aventure artistique.

Célébration de la nature et célébration de la danse ne font plus qu’une : si toute la richesse des forêts a été exaltée sur scène, c’est aussi la gloire de toutes les danses. Classique, contemporain, tribal, électro-jazz, hip-hop, et oriental. Et au-delà de l’originalité des mouvements, des ensembles, des images, des costumes, c’est l’or des regards qui touchait. Éclat des yeux qui brillent sur scène, des sourires qui rayonnent, des corps habités, comme les reflets du soleil sur l’eau. Et l’énergie déployée par le groupe, d’une puissance folle. D’où les danseurs puisent-ils cette énergie phénoménale, si attractive ? Des forêts ? des rêves ? de la danse ? peut-être. A coup sûr : de leur groupe, et de tout l’amour qui s’exprime à travers leur danse, que Nathalie, Nora et Mila ont su instiller, comme  ils le chantaient tous ensemble dans les éclats dorés du final. À l’heure où le vacarme des humains grouille, cette création rappelait avec force que la danse, la musique, les arts demeurent, comme la forêt elle-même, des ressources vitales à protéger.

Les rendez-vous à venir :

– Lundi 22 juin à 18 h 30 : lundi enchanté avec Nora Thème « Solaire ».

– Samedi 27 juin. Les danseurs de Traces Ballet et du collectif Azur et du Corps contemporain adultes sont programmés au Festival Ravensare de Toulouse.

> Des stages d’été danse urbaine et contemporaine avec Mila et Nora Turpault : infos à venir. Les inscriptions pour la saison 11 sont programmées les 1er, 2 et 3 septembre.

> www.noraturpault.fr 

Photo Tyguiphotographie

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