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Sibelle, la mort de Lyhanna, les services publics en danger et ces ponts toujours visés

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Lundi._ Un drame sans nom dans le Gers. Depuis vendredi après-midi, Lyhanna, 11 ans, a disparu à Fleurance. Des centaines de bénévoles, de gendarmes, des équipes cynophiles ont commencé d’intenses recherches, dans la campagne alentour. Elle a été vue pour la dernière fois aux abords du collège. On apprend ensuite qu’un homme a été interpellé. Il dit l’avoir déposée près de la piscine. Au fil des jours, l’angoisse se mue en désespoir. Et l’étau se resserre autour du suspect. Enfin, jeudi, l’on apprend qu’un corps a été retrouvé. Que le mis en cause avait déjà fait l’objet de plaintes. Lesquelles ont été classées sans suite, ou ont tardé à donner lieu à des investigations. C’est un sentiment mêlé de colère et d’affliction qui s’empare de la population d’une ville, d’un département, et au bout du compte de tout le pays. Hors le principal suspect, la vox populi pointe d’autres responsables. Les juges. Ah, les juges ! Sibelle que la mort de Lyhanna plonge également dans un état de sidération soudain me tend un bout de papier. C’est la retranscription d’un post sur X. En gros, il y est indiqué que depuis 10 ans, la Cour des Comptes s’étonne que les épreuves écrites du concours d’entrée à l’Ecole nationale de la magistrature soient surveillées par des juges ou des greffiers. Une centaine de professionnels au total, mobilisés et éloignés de leur mission première durant plusieurs jours. Bref. « Les collègues désignés passent une ou plusieurs journées passionnantes à contrôler les salles d’examen et leurs accès, les affichages, les candidats, leurs convocations, identités, sacs, documents, codes, objets connectés, faire émarger, distribuer, ramasser, gérer, accompagner les déplacements aux toilettes. C’est certes un travail utile, mais faut-il des magistrats et des greffiers pour faire cela ? » s’étonne un juge. A raison, non ? Pour autant, hors cette question ponctuelle liée aux examens d’entrée à l’ENM, le problème des budgets et moyens n’est pas seul en cause dans ce terrible crime. Quand bien même, c’est incroyable mais vrai, sur 1000 euros de dépenses publiques en France, seuls 5 – oui, cinq ! – sont alloués à la justice. Il y a eu des manquements, des mauvais choix, des erreurs d’appréciation. Et tous les chiffres et tous les mots n’y changeront rien. Une fillette a été victime d’un prédateur. Et cela est un drame sans nom. 

Mardi._ C’est une invraisemblable série noire. « Le portique de protection du pont suspendu d’Anglars-Juillac (RD 67) a été fortement endommagé, ce mardi en fin de matinée, par un poids lourd. Le chauffeur a tenté, vainement, de forcer le passage pour emprunter l’ouvrage qui lui était pourtant interdit du fait du tonnage de son véhicule… » lit-on sur le site Medialot. « La circulation n’est pas interrompue pour le moment mais des travaux seront nécessaires pour réparer le portique et ses fondations. Ce qui entraînera (alors) la coupure de la circulation. » Le Département, qui est en charge de ces infrastructures, décide évidemment de porter plainte. Reste qu’on ne sait plus quoi faire pour endiguer le phénomène. On aura bientôt plus de ponts sur le Lot ayant été plus ou moins gravement touchés par ces comportements inacceptables et irresponsables que de ponts demeurés indemnes. Ma protégée croit faire de l’esprit en évoquant un proverbe japonais : « Le malheur peut être un pont vers le bonheur. »

Mercredi._ A l’issue d’une réunion en préfecture, une solution est enfin trouvée pour débarrasser les ronds points ou autres sections de chaussées où étaient entassés des déchets depuis des mois, souvenirs peu reluisants de manifestations paysannes. Les hautes autorités ont indiqué qu’il fallait agir avant l’été et l’arrivée des touristes « afin de ne pas pénaliser l’attractivité et l’image du département ». Soit. Le communiqué précise que des agriculteurs apporteront « un concours logistique et humain » aux opérations. « C’est bien le moins » persifle Sibelle à qui je n’avais rien demandé.

Jeudi._ On va revoter à Souillac. Ainsi en a décidé le tribunal administratif de Toulouse. Dans les attendus, un des griefs retenus interpelle : pour ce scrutin municipal, il n’était pas nécessaire mais pas non plus interdit de créer une association pour encadrer les dons censés financer la campagne. En revanche, la loi étant précise et nul n’étant censé l’ignorer, dans le cas présent, à Souillac, ces dons ne pouvaient faire l’objet de réductions d’impôts, contrairement à ce qui était indiqué dans les documents de la liste ayant finalement gagné (de peu) ces élections à Souillac. Pas question de mettre en cause la bonne foi des intéressés, mais ma tigresse domestique se demande comment une telle erreur a-t-elle pu être commise. « Dans les textes de loi, comme dans les notices d’assurance, il faut tout lire, de la première à la dernière ligne, y compris ce qui est écrit en tout petit » conclut-elle. Pas faux.

Vendredi._ La Clinique du Quercy est en danger. Son site de Mercuès comme celui de Cahors. La structure est privée mais l’actionnaire est une mutuelle à but non lucratif. L’équation est tout sauf simple. Au problème du nombre de médecins s’ajoute un problème financier avec un modèle économique désormais structurellement déficitaire. Les élus se mobilisent. Quant aux autorités de tutelle, à savoir l’Agence régionale de santé, il semble qu’elles n’ignoraient rien de la situation dramatique de la Clinique. Sibelle, tout comme moi, tout comme nombre de Lotois ne pouvons faire que constater : les services publics, fussent-ils… privés, sont en danger dans le Lot comme dans le pays en général. Bon week-end quand même !

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