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« La voiture a accéléré toute seule » : Ivre en plein après-midi, un sexagénaire percute deux enfants

Jugé le 21 mai devant le tribunal correctionnel de Cahors, un sexagénaire alcoolique récidiviste a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire renforcé, après avoir grièvement blessé deux jeunes filles à Figeac en septembre 2024. Au volant avec près de 3 g d’alcool dans le sang, il avait également frappé une femme qui tentait de lui retirer ses clés après l’accident.

À Figeac, la rue du Stade est étroite et pentue. Large de seulement 3,60 mètres, bordée d’un mur et d’un terre-plein, cette voie sans trottoir ne permet même pas le croisement de deux voitures. C’est pourtant là qu’en septembre 2024, à la sortie des classes, un terrible accident s’est produit : une voiture conduite par un homme fortement alcoolisé a fauché deux collégiennes. Jeudi 21 mai, le tribunal correctionnel de Cahors l’a condamné à trois ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant trois ans.

Le jour des faits, ce retraité d’une soixantaine d’années accompagne sa mère faire des courses après avoir consommé du whisky en milieu de journée. En descendant la rue, il perd le contrôle dans un virage. Selon le rapport d’un expert en accidentologie présenté à l’audience, le conducteur a mal négocié sa trajectoire, heurté le terre-plein puis, après le déclenchement des airbags, la voiture est repartie « par effet de ricochet » avant de percuter les deux adolescentes.

Poussée par sa sœur, la plus jeune est projetée à près de trois mètres. L’aînée se retrouve coincée entre la voiture et le mur. Plusieurs témoins ont décrit une scène particulièrement choquante. « Celle qui était au sol avait une plaie à la tête et la cheville presque à l’équerre. L’autre était pliée en deux entre la voiture et le mur, la tête vers le bas », a relaté l’un d’eux devant les gendarmes.

Après l’accident, une femme tente de lui retirer ses clés afin de l’empêcher de déplacer le véhicule avant l’arrivée des secours. Le prévenu la frappe alors à coups de poing, lui causant un traumatisme facial et quatre jours d’incapacité totale de travail. « Après l’accident, il ne semblait pas être au contact avec la réalité des choses », a témoigné une personne présente sur les lieux. D’autres témoins expliquent également avoir dû s’écarter précipitamment pour éviter la voiture quelques instants avant l’accident.

Les analyses toxicologiques ont révélé un taux d’alcool de 3 g/l de sang. À l’hôpital, les soignants notent que le conducteur « ne tient pas debout ». Le retraité, divorcé et vivant chez sa mère, reconnait souffrir d’alcoolisme depuis une trentaine d’années. « J’ai fait une dizaine de cures », déclare-t-il, précisant être « toujours dépendant aujourd’hui ». Son casier judiciaire comporte une dizaine de condamnations pour conduite sous l’emprise de l’alcool, dont certaines en récidive.

A la barre, il tente toutefois de minimiser sa responsabilité. « Ma voiture s’est mise à accélérer toute seule », a-t-il affirmé, évoquant également « un énorme nid-de-poule » qui l’aurait fait dévier. « Je me sentais apte à conduire », ajoute-t-il. Concernant les violences reprochées après l’accident, il les a niées : « Je n’ai jamais tapé cette dame. »

Les deux collégiennes ont été grièvement blessées. L’une souffrait de multiples fractures du bassin et d’un os du visage, avec deux mois d’ITT. L’autre a subi un traumatisme crânien et une fracture du tibia, entraînant 30 jours d’ITT. Déscolarisées pendant un mois, elles gardent encore des séquelles physiques et psychologiques. L’aînée, aujourd’hui en classe de troisième, a confié lors de sa déposition : « Quand je reste debout, j’ai mal au bas du dos. J’ai eu des médicaments à prendre pendant six mois. Encore maintenant, je peux avoir peur quand je suis dans la rue. »

À la barre, leur mère a décrit un quotidien bouleversé : « Les filles ont changé. L’aînée s’énerve plus vite, certains jours elle ne veut voir personne. La plus jeune a beaucoup mûri. » Employée à l’hôpital où ses filles ont été prises en charge aux urgences, elle évoque « une dépression » et « la difficulté de retrouver la vie d’avant ». Avant d’ajouter : « La peur et l’angoisse sont devenues notre quotidien. »

L’avocate des parties civiles dénonce un comportement délibéré : « Cet accident, c’est un traumatisme pour toute une famille. Ce n’est pas une imprudence. Après avoir été condamné dix fois, prendre le volant après avoir bu, c’est volontaire. »

Le parquet requiert trente mois de prison, dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant trois ans. La défense, elle, demande la relaxe concernant les violences sur la femme ayant tenté de lui retirer ses clés, rappelant que son client est actuellement hospitalisé à Leyme.

Le tribunal l’a finalement déclaré coupable de l’ensemble des faits. En plus de cette peine de prison, il devra suivre des soins, n’a plus le droit de conduire pendant cinq ans et devra indemniser les victimes. Le dossier des intérêts civils a été renvoyé à une audience ultérieure.

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