Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ A Cahors, les élections sont passées, mais les thématiques qui ont traversé la campagne demeurent : sécurité, travaux place Chapou, fiscalité locale. Entre autres. La majorité étant très… majoritaire, pas de surprise au moment des différents votes lors de cette première réunion du conseil municipal lundi soir (si l’on fait abstraction des conseils ayant permis de désigner maire et adjoints). A la lecture des comptes rendus, Sibelle s’attarde sur les travaux à venir, à compter de septembre, destinés à rajeunir la place que veille la cathédrale : une place qui n’en est pas vraiment une du reste, mais où se croisent ou se voisinent tant de pans de l’histoire de la ville, entre préfecture, bazar Gambetta, façades de l’ensemble cathédral et, bien sûr, le buste de Jean Jacques Chapou sans oublier, dans le prolongement, l’entrée nord des halles. Une place qui n’est pas la plus simple à emprunter pour les usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes ou automobilistes, sans oublier que les mercredi et samedi, elle se mue en marché des quatre saisons, de toutes les couleurs, de tous les parfums, de tous les vents et de toutes les gourmandises. « C’est une entreprise énorme que d’entamer des travaux sur cette place. Mais aussi un défi. On sait évidemment que ça va durer longtemps, qu’il faudra sans doute adapter le projet en cours de route et qu’au final, il y aura toujours des mécontents. Avant, pendant, après. Quel casse-tête ! » résume ma tigresse. Qui fait appel à cette citation de Philip Roth : « La route de l’enfer est pavée de travaux en cours. » Au fond, je suis d’accord avec Sibelle sur un point : c’est sur la façon dont ce chantier sera mené, accepté et reçu (par les usagers, les commerçants, les riverains, les touristes…) que se jouera, en 2032 ou 2033, la réélection de Vivien Coste et de son équipe.
Mardi._ Les maires, justement, se sont réunis à l’Espace Valentré à l’invitation de l’AMF du Lot. Comprendre : Association des Maires du Lot. L’occasion pour les nouveaux de rencontrer leurs collègues réélus, de dialoguer, de s’informer etc. Sibelle me glisse qu’elle ne comprend pas que l’AMF 46 soit présidée par un sénateur. Je lui réponds PRIMO que statutairement, tous les élus peuvent y adhérer. Et SECUNDO que ma naïve protégée ne comprend rien à la politique.
Mercredi._ Au 20 heures de France 2, un sujet relate les stratégies des compagnies aériennes face à la montée des prix du kérosène. Et la difficulté, dans certains pays en tout cas, à s’approvisionner. Certaines compagnies déprogramment des vols, d’autres répercutent la hausse sur les billets. « Au fond, je m’en fiche, je n’ai pas prévu de prendre l’avion » fanfaronne ma protégée féline. Je fronce les sourcils : « Moi non plus, mais je n’oublie pas que j’habite dans un département où l’aéronautique pèse un poids certain. Sans parler de la région dans son ensemble… » Il me revient en mémoire les images du site Flight Radar (où l’on observe les mouvements aériens civils en temps réel) lors de la pandémie de 2020. C’était glaçant.
Jeudi._ A Montauban, capitale de l’autre Quercy, se tient l’hommage national au Casque bleu Florian Montorio, tué dans une embuscade au Liban. Âgé de 40 ans, il appartenait au 17e régiment du génie parachutiste, basé dans la ville. Il y a quelque chose d’immensément tragique pour un soldat chargé avec ses pairs de maintenir la paix à être victime de ceux que la guerre enivre. On pense à sa famille, on pense à ses camarades, ses frères d’arme. On désespère qu’au Moyen Orient ou qu’en Ukraine, l’engrenage infernal finisse par s’arrêter. « Et pendant ce temps, en Iran, on nous dit que de jeunes opposants continuent d’être réprimés, voire assassinés » ajoute ma belle. Je ne vois que l’immense Bossuet pour l’accompagner dans cette réflexion bien sombre : « L’homme est né pour la paix, et il ne respire que la guerre ». Au fond, on ne mesure pas notre chance, sur le sol de ce cher et vieux pays : plus de 80 ans sans guerre. J’ai bientôt 60 piges. Encore un instant je vous prie Monsieur le Bourreau !
Vendredi._ Terminons ce rendez-vous sur une note positive. A Douelle, ainsi, des passionnés, des citoyens bénévoles ont décidé de redonner vie au four à pain du hameau « disparu » de Mader, sur le plateau dominant le village, en rive gauche du Lot. Mader fut « habité jusqu’au début du XXe siècle, puis a été abandonné après la crise du phylloxéra, laissant derrière lui des maisons effondrées, des murs engloutis par les ronces… et un four à pain enfoui sous les déblais, découvert par hasard lors d’une promenade en 2023 » lit-on sur l’appel lancé dans le cadre d’un financement participatif pour restaurer ledit four. Objectif de l’association (qui porte le nom éponyme de Mader) : parvenir à réaliser « un site de transmission vivante, accueillant aussi bien les randonneurs, les scolaires que les curieux du patrimoine ». Avec Sibelle, on leur souhaite bonne chance. Vous en apprendrez plus ici. Appel relayé !
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