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Sibelle, la claque de Figeac, l’hommage à Jospin et le devenir des écoles lotoises

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ Cité natale de Jean-François Champollion qui fut le premier à déchiffrer les hiéroglyphes, Figeac n’est pas connue cependant comme la capitale de la « cafédomancie » (qui est comme chacun sait l’art de lire l’avenir dans le marc de café). Bref, tout ça pour dire que peu d’observateurs sans doute avaient prévu une telle déculottée pour la majorité sortante. Le basculement de Figeac, fief historique de la gauche lotoise, restera l’événement majeur de ces élections municipales 2026 dans le département. Mais Sibelle, en ce lendemain de second tour, observe un autre phénomène : tous les regards ou presque se tournent déjà vers le… troisième tour. Celui auquel le citoyen de base n’est pas convié, ou l’a été quasi inconsciemment : la désignation des exécutifs des intercommunalités. Et cela ne concerne pas seulement le Grand Figeac, dont le président sortant, Vincent Labarthe, c’est un paradoxe, était l’un des rares à avoir annoncé la couleur. Mais le voilà désormais dans l’opposition dans sa ville… Ailleurs, quand on les interrogeait, les présidents ou vice-présidents sortants préféraient répondre : « On verra le moment venu ». Et l’on y est. Dans la vallée du Lot, par exemple, la bataille s’annonce serrée. « On dira ce que l’on veut, mais quand on voit les pouvoirs et les compétences des dites intercommunalités, il faudrait peut-être revoir ce qui ressemble de plus en plus à une anomalie démocratique » glisse ma protégée. Et cela ne concerne pas seulement le Lot, évidemment. Je lui réponds que vu l’état du pays et même du monde, ces temps-ci, il y a sans doute d’autres priorités à étudier. Ou pas ?

Mardi._ Les hommages se poursuivent à l’adresse de Lionel Jospin, décédé à l’âge de 88 ans. Puisque chacun y va de son anecdote, je raconte à Sibelle qu’en 2002, alors journaliste à Charleville-Mézières, j’avais couvert une visite dans les Ardennes puis un meeting de Lionel Jospin alors en campagne présidentielle. Il était accompagné de deux ministres et soutiens, Jack Lang et Jean-Luc Mélenchon. Accueilli par les élus socialistes locaux, suivi par une noria de confrères parisiens dont on a toujours l’impression qu’une fois en province, ils sont venus comme des ethnologues découvrir une réserve d’indiens, le trio avait visité une école dans un quartier dit « difficile ». Puis, en centre-ville, Lionel Jospin avait dans une salle bondée répondu à quelques jeunes gens choisis. L’heure était encore à l’enthousiasme. Et pas plus qu’à Figeac il y a quelques jours, nul n’imaginait alors que quelques jours plus tard, le Premier ministre symbole de la gauche si plurielle qu’elle se présenta divisée allait se voir priver de second tour et essuyer une belle claque. Ce jour-là, dans les Ardennes, des douaniers en colère avaient perturbé bruyamment la visite. On avait lu le lendemain dans Le Monde : « A cinq jours du premier tour, le candidat socialiste était venu dans la ville natale d’Arthur Rimbaud faire de l’image et du son. Les douaniers n’ont pas totalement gâché la fête. Seule la pluie a empêché la promenade dans la rue piétonne. » Ma protégée remarque qu’à Cahors, où l’on se souvient davantage, c’est logique, du sommet franco-britannique avec Tony Blair, en 2001, au moins, on avait profité des riches produits du terroir local. Je lui réponds que c’eût été plus délicat dans les Ardennes où le plat traditionnel se nomme en patois « la cacasse à cul nul ». Des pommes de terre revenues avec du lard et des oignons dans une cocotte. Une « cacasse à cul nul », c’eût été pourtant sacrément prémonitoire, non ?

Mercredi._ La colère monte dans les établissements scolaires. En tout cas, certains d’entre-eux. La carte qui se prépare pour 2026-2027 s’annonce amère avec nombre de suppressions de postes et donc de classes dans le département. Pour certains maires fraîchement élus, cela ressemble à un sacré challenge pour commencer leur mandat. On évoque des pétitions, des manifs, des demandes de rendez-vous et même une journée de grève. On parle de faire front commun entre parents, enseignants, élus (sachant que certains ont plusieurs casquettes et doivent se mobiliser pour sauver leur école sans que ce soit une autre commune qui en fasse les frais…). En face, l’administration évoque la démographie et tente de maintenir le dialogue. Tout cela présente une impression de déjà vu, cependant. Alors ? Sibelle dresse un parallèle avec la question des déserts médicaux. Jamais les collectivités n’ont autant investi dans les écoles, les collèges, les lycées, jamais elles n’ont autant construit de maisons médicales. Mais dans un cas comme dans l’autre, faut-il qu’il y ait des profs ou toubibs pour venir y faire cours ou consulter. Ça dépend des budgets votés à Paris, certes. Mais aussi d’un manque de candidats. Exercer ces si beaux métiers partout sur le territoire national doit être revalorisé et les vocations encouragées.

Jeudi._ Pendant ce temps, la guerre au Moyen-Orient se traduit par une hausse sans précédent des prix à la pompe. Ma tigresse domestique constate une chute du trafic automobile sur la grande route, en contrebas du vieux village. Elle s’en remet à cette citation de Chico Marx (frère de Groucho, pas de Karl) : « Je ne pouvais payer à la fois une voiture et un chauffeur. Alors j’ai vendu la voiture. »

Vendredi._ On apprend qu’aux USA, Donald Trump aura bientôt sa signature sur les billets de banque, une première pour un président des Etats-Unis. Cela en dit beaucoup sur la psychologie de l’intéressé. Dans Le Monde, cette réaction de Shontel Brown, élue démocrate à la Chambre des représentants (Ohio) : « C’est scandaleux et antiaméricain. Mais, au moins, cela nous rappellera qui remercier lorsque nous paierons plus cher l’essence, les biens de consommation et les courses ». Rien à ajouter…

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