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Sibelle, la guerre, les élections et des noms de rues qui honorent trop peu les femmes à Cahors

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ On s’attendait à un week-end déjà printanier synonyme de promenade bucolique, de repas en famille, de sortie culturelle. Ou tout simplement de grasse matinée, ce qui n’est jamais à exclure. Et puis. Il a suffi samedi matin d’ouvrir par réflexe la télévision pour tomber sur une édition spéciale. La guerre venait de débuter au Proche Orient. L’Iran était bombardé, et l’Iran répliquait sur Israël comme sur les monarchies du Golfe. Vous connaissez la suite. Pas question évidemment d’essuyer une larme sur les mollahs et leurs nervis qui tyrannisent leur peuple depuis plus de 40 ans. Mais on pense aussi à celles et ceux qui seront de chaque côté de la ligne de front considérés comme victimes civiles collatérales… Difficile évidemment pour la majorité des Iraniens opprimés de bousculer le régime, de le renverser, d’installer ce qui pourrait être enfin une démocratie, tandis que bombes, missiles et drones continuent de pleuvoir. Et que l’armée et la police, même privées de leurs chefs, font toujours la loi dans la rue. Collés devant le poste, ma chère Sibelle et moi suivons les événements en direct. Le « direct », c’est la différence avec les guerres de jadis. On constate aussi que du jour au lendemain, le conflit ukrainien a disparu. En tout cas de ces mêmes écrans. « Sauf quand il s’agit d’expliquer que pour ce qui est des drones, on a déjà de part d’autre tiré les leçons de leur utilisation dans le ciel ukrainien, qu’il s’agisse de s’en prémunir ou d’en tirer profit » note avec justesse ma protégée. Pour l’heure, la France n’est qu’indirectement impliquée. Sauf à la pompe à essence. Il y a des cartons rouges se perdent. Le sans plomb ou le gasoil que l’on achète aujourd’hui 10 à 15 centimes plus cher a été acheté avant le début des hostilités. « Il y a des profiteurs du malheur des autres » conclut ma belle. Guerre ou pas guerre, l’homme est et sera toujours un loup pour l’homme. Les Romains le disaient déjà…

Mardi._ Dans ce contexte, la campagne pour les municipales paraît presque dérisoire. Vous me direz… Déjà que dans 238 communes lotoises sur 312, il n’y aura qu’une liste en lice, le suspense est réduit à sa plus simple expression. Et une certaine idée de la démocratie aussi. Cela fait un pourcentage de 76 %, un taux bien plus élevé qu’au plan national (68%). « C’est inquiétant » note Sibelle, qui s’étonne aussi du peu de cas qui est fait, dans cette campagne, à l’enjeu intercommunal. Sur Public Sénat, un parlementaire des Landes, Eric Kerrouche (PS), qui fut l’un des co-rapporteurs du texte modifiant le mode de scrutin dans les petites communes, admet : « C’est probablement plus compliqué de monter une liste dans la situation actuelle qu’auparavant. D’ailleurs, c’était le but du changement de scrutin : faire une liste pour mettre en place un projet, plutôt que des candidatures individuelles qui sont contre ». Comprenne qui pourra. Avec ma tigresse, on a peur néanmoins que ce qui restait l’une des bases les plus solides de notre république, l’attachement aux élus locaux, finisse par en être écorné, altéré.

Mercredi._  Sur les réseaux sociaux, je lis que cela fait déjà 22 ans, ce 4 mars, que Claude Nougaro tirait sa révérence. Je vous assure que je ne peux plus, depuis, faire un pas dans les rues de Toulouse, a fortiori le long de Canal du Midi, sur la place du Capitole ou dans le quartier des Minimes sans que me viennent en tête les si beaux vers qu’il mit en musique pour chanter « sa » ville. « Il était le Rimbaud de Toulouse » glisse Sibelle. Sauf qu’Arthur avait des mots souvent très cruels pour Charleville (il disait Charlestown), jugée « supérieurement idiote ». Ce qui ne l’empêchait pas d’y revenir, toujours, après ses escapades. Nougaro aussi. Même après Nougayork. Il revenait toujours à Toulouse, ne serait-ce que dans ses rêves, ses chansons et ses poèmes. Au fond, on est tous pareils. Revenir dans sa ville, c’est se promener à nouveau dans son enfance. Il le chantait ainsi : « Aujourd’hui, tes buildings grimpent haut / À Blagnac, tes avions sont plus beaux / Si l’un me ramène sur cette ville / Pourrais-je encore y revoir ma pincée de tuiles / Ô mon paîs, ô Toulouse, ô Toulouse ».

Jeudi._ Une verrue va s’effacer du paysage urbain de Cahors. Medialot nous confirme que le chantier de la résidence des « Rives de Cabessut », avenue du 7ème RI, a repris officiellement ! Pour rappel, il avait été stoppé brutalement en octobre 2022 suite à la faillite de l’entreprise en charge des travaux. Fin 2027, y sera inauguré un établissement pour séniors de 89 lits géré par la société Emeis (nouveau nom du groupe ORPEA dont la réputation avait été écornée, c’est un euphémisme, lors de la crise du Covid). Le site est en ville, certes, mais il faut compter 6 minutes en voiture et 8 minutes en bus pour rejoindre depuis là les Allées Fénelon. Quand la circulation est fluide. Sibelle s’étonne de ma remarque. Je lui réponds qu’outre le confort de la résidence, la bienveillance du personnel et la qualité des attentions voire des siens qui seront prodigués, je m’inquiète toujours qu’aucune catégorie de nos concitoyens ne se sente reléguée. Elle me rétorque que ce n’est pas forcément une question de géographie et de transports. Comme toujours, elle a raison…

Vendredi._ Demain 8 mars se tient la Journée internationale des droits des femmes. C’est l’occasion pour ma protégée de s’étonner que dans cette bonne ville de Cahors, il y ait moins de rues (ou places, avenues et autres boulevards) auxquelles on a donné le nom d’une femme que de doigts d’une seule main. Il y a là un autre chantier à mener à terme… Sibelle a déjà des idées en tête. Elle pense à Jeanne Duportal (1866-1954), première femme en France à avoir obtenu le titre de docteur ès-lettres, historienne de l’art spécialisée dans les estampes, enseignante à la Sorbonne et devenue une des pionnières du CNRS. Elle fut une des premières Lotoises à avoir été distinguée au titre de la Légion d’honneur. Comme chevalier puis officier. Nous lui avons consacré ce portrait en 2024… 

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