Après un cambriolage survenu en mai 2020, l’affaire était examinée jeudi 19 février devant le tribunal correctionnel de Cahors. L’enquête avait permis d’identifier trois jeunes hommes, dont deux viennent d’être condamnés.
Au tribunal de Cahors, jeudi 19 février 2026, trois jeunes hommes étaient poursuivis pour un cambriolage qui a dégénéré en violences. Pourtant un seul prévenu, âgé de 29 ans, était présent à la barre. Le deuxième était absent. Le troisième, mineur, fait l’objet d’une procédure à part.
En mai 2020, les trois individus se rendent à Soturac, au domicile d’une aide-soignante de 32 ans, profitant de son absence. Un carreau est brisé, la maison visitée. Mais la victime rentre plus tôt que prévu. Depuis son véhicule, elle aperçoit des silhouettes autour de son habitation et tente d’appeler à l’aide. Une pierre est alors projetée contre sa voiture. Sortie brutalement de l’habitacle, elle voit les agresseurs s’emparer du véhicule. Les fuyards font demi-tour avant de percuter un arbre.
La jeune femme subit des contusions au visage et une fracture de la main. Quinze jours d’incapacité totale de travail lui sont prescrits. L’expertise psychologique mettra en évidence un stress post-traumatique. « Quand on est chez soi, on est censé se sentir en sécurité. Or là, c’est une vraie situation d’insécurité », souligne le substitut du procureur, rappelant la longueur de l’enquête pour déterminer les responsabilités de chacun.
À la barre, il est aussi rappelé que les parents de la victime étaient autrefois voisins de ceux du prévenu principal. Ce dernier compte déjà deux mentions à son casier judiciaire : menaces de mort alors qu’il était mineur et violences avec arme. Le deuxième prévenu, 27 ans et absent à l’audience, présente un passé judiciaire plus chargé, avec seize mentions, notamment pour vols et violences aggravées. « Les faits d’aujourd’hui semblent s’inscrire dans un continuum inquiétant », observe le rapporteur. Le troisième mis en cause, mineur au moment des faits, a reconnu sa participation.
Par la voix de Me Geffroy, la partie civile a décrit les conséquences durables pour sa cliente, contrainte de déménager après les faits. Outre les blessures physiques, la jeune femme vit encore avec l’angoisse. Elle sollicite 3 000 euros au titre du préjudice moral, 3 000 euros pour les souffrances endurées, 1 000 euros pour le préjudice esthétique et 172 euros pour le préjudice physique. Le ministère public requiert 24 mois d’emprisonnement dont 10 avec sursis probatoire pour le premier prévenu, et 30 mois pour le second.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le premier prévenu à 18 mois d’emprisonnement dont 8 assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec exécution provisoire. Il devra se soigner, n’entrer en contact ni avec la victime ni avec ses co-auteurs pendant trois ans et se voit interdire le port d’arme. Le second prévenu écope de 30 mois avec mandat d’arrêt, assortis des mêmes interdictions. Au civil, la juridiction a accordé 3 000 euros pour le préjudice moral, 2 000 euros pour les souffrances et plus de 1 000 euros pour les autres préjudices.





