Les syndicats ont fait un large tour d’horizon des filières agricoles du département.
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Lot ont accueilli, ce 18 février 2026, la préfète du Lot, Marilyne Poulain, à l’occasion d’une visite terrain organisée sur une exploitation bovin lait. Les responsables professionnels ont présenté l’organisation des deux structures syndicales départementales qui rassemblent près de 1 000 adhérents, structurés autour de 94 syndicats locaux assurant un maillage territorial de proximité précieux. Ce réseau est complété par. des sections et commissions spécialisées par filière ou thématique. Les deux organisations s’appuient sur une équipe administrative de cinq personnes, proposant un accompagnement quotidien aux exploitants à travers plusieurs services : conseil juridique, gestion de la paye, formation, groupements d’achats ou encore dispositifs spécifiques comme la collecte de pneus agricoles usagés, au-delà de la mission de défense syndicale personnalisée et collective. Au cours des échanges, un large tour d’horizon des filières agricoles a été dressé. La filière bovin lait cristallise aujourd’hui de fortes inquiétudes. En pleine période de négociations commerciales entre industriels et distributeurs, les producteurs redoutent une revalorisation insuffisante du prix du lait. Cette conjoncture tendue s’inscrit dans une dynamique départementale de dégressivité de la production, liée notamment aux cessations d’activité et aux difficultés de transmission, faisant peser un risque sur le maintien de la collecte et des outils de transformation. Plus largement, les autres filières animales expriment également de vives préoccupations, notamment au regard du contexte sanitaire. Les responsables professionnels ont ainsi alerté Mme la Préfète sur les enjeux sanitaires. Les crises récentes ont rappelé la forte exposition des élevages aux risques épidémiques et à leurs conséquences économiques. Ils ont souligné le rôle déterminant de l’État dans la prévention et la gestion des crises, tout en appelant à une communication plus lisible, réactive et anticipée des informations réglementaires en période sensible. Le secteur des grandes cultures apparaît lui aussi fragilisé. Les exploitations lotoises sont majoritairement situées dans des zones à potentiel de rendement limité, ce qui accentue leur vulnérabilité face aux aléas climatiques. La répétition des épisodes de sécheresse, conjuguée à la hausse du coût des intrants, pèse lourdement sur les marges et renforce le manque de visibilité économique. La situation de la viticulture lotoise a également été évoquée, tout comme celle de la filière noix. Ces deux productions sont marquées par une accumulation de crises climatiques et économiques. La répétition des aléas météorologiques, la baisse de la consommation et la hausse des coûts de production fragilisent durablement ces filières. Concernant la viticulture, le dispositif d’arrachage, ayant conduit à la suppression de 730 hectares de vignes en 2025, illustre l’ampleur de la restructuration en cours dans le vignoble lotois. Les enjeux liés à l’eau ont occupé une place centrale dans les discussions. Si la question du stockage de la ressource reste stratégique, les professionnels ont insisté sur l’importance tout aussi essentielle de l’entretien des ouvrages existants : les retenues, réseaux, fossés ou systèmes de drainage. Les intempéries récentes ont mis en évidence la fragilité de certains aménagements et la nécessité d’entretiens réguliers. La profession demande l’organisation d’une rencontre avec l’ensemble des parties prenantes afin de clarifier les possibilités d’intervention et de revenir à des pratiques de bon sens, autrefois mises en œuvre localement. La problématique du renouvellement des générations constitue un défi majeur pour l’agriculture départementale. D’ici moins de dix ans, près de la moitié des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite. Dans ce contexte, les transmissions demeurent complexes, faisant craindre une diminution significative du nombre d’exploitations dans les années à venir. La question des dégâts de gibier a également été abordée. La prolifération des sangliers et cervidés engendre des pertes importantes sur les cultures et prairies, générant des surcoûts et un découragement croissant chez les exploitants. La profession reconnaît les efforts engagés par l’État à travers la mise en place de dispositifs de régulation, mais estime qu’ils demeurent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. Les responsables professionnels appellent à une évolution des modes de gestion, dans un contexte où le vieillissement du nombre de chasseurs laisse craindre une aggravation de la situation. Enfin, la révision en cours des zones vulnérables a fait l’objet d’un échange approfondi. Les représentants agricoles ont rappelé les contraintes réglementaires et financières importantes liées à ce classement. Dans ce contexte de réexamen, un dossier argumenté a été construit depuis plusieurs semaines, demandant la suppression du zonage dans le département. La profession estime que les obligations imposées fragilisent excessivement l’équilibre économique des exploitations, sans avancée tangible pour la qualité de l’eau. À l’issue de cette visite, la FDSEA et les JA du Lot ont salué la qualité des échanges et l’écoute attentive de la représentante de l’Etat. Les organisations professionnelles ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le travail engagé sur l’ensemble de ces dossiers, dans la continuité des démarches déjà entamées, afin de construire des réponses concrètes aux enjeux agricoles du territoire.





