Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Le débat d’orientation budgétaire au Conseil départemental se déroule une nouvelle fois dans un contexte délicat : « Les dépenses obligatoires auxquelles nous devons faire face continuent d’augmenter, particulièrement dans le domaine social, pendant que nos marges de manœuvre côté recettes se réduisent. Le marché immobilier est atone, et les dotations de l’Etat, même si l’effort qui nous est demandé est moins lourd qu’attendu, ces dotations vont quand même baisser pour la deuxième année consécutive » explique le président Serge Rigal. Lequel ajoute avec un brin de fierté : « Nous avons choisi de rester fidèles à nos valeurs : le service public, la solidarité, et l’action concrète au service de tous les Lotois. » Ma protégée féline remarque ainsi que le Département maintient ses engagements au service des plus vulnérables : « Les enfants placés, les enfants en difficulté, les enfants victimes de violences confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance du Département… Ils n’ont pas choisi leur situation. Ils n’ont pas de voix pour se faire entendre. Ils dépendent entièrement de notre capacité collective à les protéger, à les accompagner, à leur offrir un avenir. Or, les moyens ne suivent pas. Les services de l’ASE sont sous tension permanente. Les familles d’accueil manquent. Les structures d’hébergement sont saturées. Les travailleurs sociaux, pourtant admirables de dévouement, sont épuisés. Cette indifférence coupable, nous devons la combattre. (…) Je me permets en votre nom un engagement. Certainement le seul engagement nouveau que je prendrai d’ici à la fin de la mandature. (…) Si les contraintes budgétaires nous poursuivent, si par malheur un jour nous devons faire un ultime choix, bref parmi toutes nos actions, s’il ne devait en rester qu’une…. ce serait celle-là. » Je glisse à Sibelle cette formule poétique de Jacques Prévert : « Quand on est jeune, c’est pour la vie… » Et j’ajoute : « Puissent les jeunes Lotois accompagnés par la collectivité (et donc par ses habitants) pour résister aux rudes combats qu’ils affrontent se forger néanmoins un avenir. Puissent-ils un jour, devenus adultes, entretenir une part de leur innocence et, au hasard d’une balade sur les causses ou dans la vallée du Célé, par exemple, se dire qu’au beau pays où ils ont grandi, tous les rêves sont possibles. »
Mardi._ On apprend le départ de la préfète Claire Raulin qui rejoint les services du Quai d’Orsay. Sibelle, en bonne républicaine, lui formule tous ses vœux de réussite dans ses nouvelles fonctions. Ma tigresse s’attarde ensuite sur le CV atypique de Marilyne Poulain, appelée à lui succéder, et qui était en poste jusqu’alors dans le Grand Est. Avant de rejoindre la préfectorale, elle fut notamment dirigeante de la CGT et engagée aux côtés des travailleurs sans papiers souvent exploités par des employeurs pour le moins indélicats. Et Sibelle dès lors de prévenir la nouvelle préfète du Lot : « Sachez Madame qu’ici, selon la belle formule de Maurice Faure, nous sommes pauvres mais nous sommes beaux ». C’est une façon comme une autre mais pas la moins pertinente d’appréhender sa nouvelle mission. Pour le reste, qu’elle se rassure. Dans le Lot, pas de travailleurs sans papiers, pas d’employeurs abusant de la précarité de cette main d’œuvre vulnérable. Ça se saurait, non ?
Mercredi._ Vivien Coste, qui conduit la liste de la majorité sortante à Cahors, annonce s’engager « à implanter un skatepark et un pumptrack sur l’île de Cabessut ». Et de se justifier : « Parmi celles et ceux, trop souvent oubliés des politiques publiques, figurent les jeunes générations. » On imagine que Carole Delga, venue quelques jours plus tôt lui accorder son soutien et son imprimatur au titre de la grande famille socialiste modérée (ou pragmatique, c’est selon), aura apprécié. Il y aura sans doute d’autres promesses, plus ambitieuses, plus coûteuses, mais au moins celle-ci ne risque pas de faire polémique remarque Sibelle, en substance. Et de se prendre à rêver que la fameuse citation de Clemenceau n’aura pas à être de circonstance pour ce scrutin : « On ne ment jamais tant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »
Jeudi._ Les chiffres de la sécurité routière sont sans appel. En 2025, ont été recensés dans le département 144 accidents, 193 personnes blessées et 11 tuées. Dans le même temps, la préfecture du Lot a suspendu 702 permis de conduire (+18% par rapport à 2024) : le premier motif étant la consommation de stupéfiants (46%), puis la conduite en état d’ivresse (30%) et les excès de vitesse (22%). Sibelle exprime d’abord sa compassion envers les victimes et leurs proches, puis se tourne vers moi et s’étonne : « Mais pourquoi peut-on encore acheter des véhicules capables de rouler à 140 ou 180 ? Pourquoi les inventions de dispositifs imposant un test d’alcoolémie ou prouvant la consommations de stupéfiants pour mettre en marche le moteur n’ont jamais été installés en série ? » Je lui réponds que je n’en sais rien, hélas.
Vendredi._ Hors l’actualité locale, ailleurs en France et dans le monde, les événements restent désespérément désespérants. Sibelle note ainsi le retour de crues catastrophiques en Bretagne, un théâtre d’ombres à l’Assemblée où le 49.3 est redevenu la norme, comme les motions de censure, des sommets internationaux qui se succèdent où l’on parle de paix sur fond de menaces guerrières et où le chef de l’État Emmanuel Macron, victime d’un problème oculaire, apparaît en lunettes façon Top Gun… Dans un autre genre, j’apprends estomaqué qu’il est devenu normal, désormais, de proposer à la vente des billets de train un peu plus chers pour être sûr de voyager sans être dérangé par des enfants ! « Ceux qui les achètent doivent sans doute être les mêmes qui s’étonnent que désormais, on compte plus de décès que de naissances dans ce pays… » conclut ma belle. J’ai peur qu’elle soit dans le vrai.
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