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Sibelle, les vœux (pieux ou pas), les ponts (vieux ou pas) et la colère tempêtueuse des paysans

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ La dernière cérémonie des vœux du maire de Cahors Jean-Luc Marx. Les propos de l’ancien préfet devenu premier magistrat ressemblent à un bilan en forme d’état des lieux, et sont évoqués aussi bien les travaux de la route de Toulouse que le chantier de l’unité de filtration de l’eau, le label Pays d’Art d’Histoire, le futur musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération, la rénovation du centre ancien, la mue du parc des expositions avec l’arrivée de TEKEVER… Liste non exhaustive. Un bilan, certes, mais qui sera un socle solide pour le mandat à venir, remarque en substance celui qui, en la circonstance, porte tour à tour voire simultanément les casquettes de maire et de président de la communauté du Grand Cahors. C’est un peu logique, d’autant que les compétences des intercommunalités s’élargissent. « Mais du coup, c’est automatique que le maire de la plus grande ville soit aussi le président de la communauté ? » fait semblant de s’étonner ma protégée féline. Je lui réponds que non, quand bien même les élus représentant Cahors (la commune) soient les plus nombreux, puisque chaque composante est représentée proportionnellement à sa population. Et je fais semblant de m’étonner (chacun son tour) : « Cela étant, force est de constater qu’à Cahors comme dans la plupart des territoires, la campagne des municipales efface celle de l’intercommunalité. La faute au mode de scrutin, mais peut-être qu’au fond, cela arrange bien tout le monde… Non ? »

Mardi._ Le Lot est décidément un département où les ponts sont sensibles. Pour l’essentiel, ils datent du XIXème siècle, sont étroits, et sont fragiles. Quand ce n’est pas le tonnage de certains poids lourds qui les met en danger (et les usagers avec, donc), ce sont les fortes gelées. Ainsi, durant plusieurs jours, cette semaine, le mercure descendant bien au-dessous de zéro, les ouvrages de Douelle et d’Anglars-Juillac sont fermés. « Des ponts suspendus dont les aciers qui les composent sont très sensibles aux basses températures » explique le Conseil départemental, qui en a la charge. « On n’avait pas ce problème dans les Ardennes où pourtant, le fleuve Meuse traverse aussi tout le département… » remarque Sibelle. Oui mais en l’espèce, c’est l’histoire très particulière du XXe siècle qui explique le phénomène. En 14-18 puis 40-44, dans un sens ou dans un autre, les Allemands ou les Français ont bombardé les ponts pour éviter la progression de l’ennemi ou pour sécuriser leur retraite. Dans tous les cas, après la Première puis après la Seconde guerre, les ponts ont été pour la plupart reconstruits, dès lors plus modernes, plus larges, plus solides. On ne peut pas regretter que le Lot fût épargné…

Mercredi._ La colère des agriculteurs demeure vive. Leurs syndicats sont divisés mais leur volonté de manifester leur désarroi, sous une forme ou sous une autre, elle, semble dépasser les clivages. Après la dermatose, le Mercosur et la future PAC sont dans le collimateur. Dans le Lot, la préfète annonce qu’elle n’acceptera pas de blocage. Notamment sur l’A20. Sur certains ronds-points, des mélanges de lisier, de palettes et autres déchets fument encore. Dans le même temps, il est désormais acquis que les vaches seront absentes ou quasi du prochain Salon. Sibelle s’interroge encore une fois : « Il y a peut-être trop de normes, il y a sans doute la crainte légitime d’une concurrence déloyale, mais le problème numéro un ne vient-il pas des prix, évidemment trop bas pour rémunérer correctement le rude travail de la plupart des paysans ? » C’est vrai. Reste à savoir si chaque citoyen / consommateur peut ou veut payer un peu plus cher sa viande, son fromage, ses fruits et légumes, et tous les produits transformés… Si les intermédiaires et les grandes enseignes acceptent des marges plus raisonnables. Si, si, si… Bref. Pas besoin d’être grand clerc pour y voir clair et deviner que le feuilleton n’est pas fini.

Jeudi._ On commémore le 30ème anniversaire du décès du président François Mitterrand. Moi qui vais bientôt atteindre le cap de la soixantaine, je me souviens de ce jour de janvier où, c’est ainsi, le président qui lui succéda, Jacques Chirac, prononça à la télé son allocution la plus juste, la plus sensible, la plus émouvante. Sibelle n’a pas connu cette époque. Mais elle a lu et sait que François Mitterrand eut plusieurs vies, dans tous les sens du terme, et qu’au moment d’affronter la mort, il eut des mots particulièrement singuliers. C’était il y 30 ans. C’était il y a une éternité. Qui imagine ce qu’aurait été une rencontre Trump – Mitterrand ? 

Vendredi._ Après le gel, après la neige (certes modeste dans la vallée du Lot), voilà la tempête. Il pleut des hallebardes. Il vente. Sibelle rentre au chaud. « Qu’est-ce encore que ce nom, Goretti, pour baptiser un ensemble d’intempéries pouvant être meurtrières » s’indigne ma belle. Je lui explique qu’il s’agit du patronyme d’une sainte italienne, canonisée en 1950, restée comme un « symbole de pureté, de miséricorde et de force pour les jeunes du monde entier » (merci Google). Parfois, mieux vaut ne pas chercher à comprendre…

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