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La défense marque un point pharmaceutique


Après les téléphones, la prise d’anxiolytiques a pris le relais.

Mercredi, Matthias Belmon a été questionné sur son détour à Cahors après le dîner à Mercuès. « J’ai dit à ma femme que c’était pour chercher un dossier, je lui ai menti pour éviter une discussion sur les médicaments… J’avais cherché du lysanxia tout le week-end… j’avais appelé mon médecin qui n’était pas là, je pensais en trouver grâce à un psy qui chasse avec nous mais il n’est pas venu. Je n’étais pas en manque mais j’en avais besoin. Je pensais que j’avais du lysanxia au bureau mais je n’en ai pas trouvé. J’ai pris du stilnox l’après-midi pour faire la sieste pour tenir le coup le soir et j’en ai pris un en allant me coucher en rentrant chez moi » a t-il expliqué. Un expert en toxicologie biologique et médico-légale du CHU de Limoges, le Dr Jean-Michel Gaulier est venu éclairer le tribunal sur les analyses sanguines de l’accusé et plus précisément la recherche de produits stupéfiants et de psychotropes. Il a confirmé « qu’aucun produit stupéfiant n’a été détecté dans le sang de Matthias Belmon » et qu’il a été retrouvé deux principes actifs de médicaments : du paracétamol et du zolpidem. Une concentration de zolpidem très faible de 13 microgrammes par litre de sang. La défense lui a demandé de décrire les effets secondaires de ce genre de médicaments, zolpidem, stilnox, lysanxia. L’expert a indiqué qu’en début de traitement qu’il pouvait y avoir chez un sujet naïf des effets particuliers incluant un comportement de type automatique, avec souvent une désinhibition conduisant à des actes inattendus et une amnésie antérograde et parfois sur une prise plus longue une somnolence, une certaine anesthésie émotionnelle. Me Catala s’est engouffré dans la brèche : « Dans quel état se trouvait Matthias Belmon à 3 h 30, au niveau du taux d’alcoolémie on ne peut pas le savoir car on ne connait pas l’heure du prélèvement, on sait par contre qu’il a fait un repas à Mercuès avec de l’alcool, alcool à dose X et benzodiazépines à dose Y qu’est ce que cela peut donner ? N’y a t-il pas caisse de résonance ? »

La réponse du Dr Gaulier a claqué : « Synergie d’effets indésirables de manière générale. L’ethanol associé à ce type de psychotrope est déconseillé. Cela ne peut que favoriser la survenue des effets indésirables.» La présidente a repris la parole et fait préciser à l’expert que cette interprétation ne faisait pas partie de sa mission qui ne se cantonnait qu’aux analyses sanguines.

Les gants, le jogging, la cagoule

Les débats se sont poursuivis sur les éléments retrouvés dans le sac : les vêtements ensanglantés, les gants et la cagoule. « C’est une des énigmes…je pense aujourd’hui en avoir résolu une » a déclaré Matthias Belmon en parlant des gants avant de poursuivre et d’enchaîner sur les autres éléments : « C’est à l’occasion d’une visite de mon épouse à l’unité familiale que j’ai recollé…il semble que ce sont des gants de plongée sous-marine que je n’avais pas vu depuis trois ans et demi. Fin août, ma femme m’a rappelé que nous les avions rangés à l’occasion de nos vacances dans la voiture dans la glacière isotherme. Je pense que comme mon doigt était coupé, j’ai dû les trouver, les mettre pour ne pas me salir comme les gants en latex que j’utilisais au chai. Pour le jogging, quand je me suis réveillé si je peux dire…dans cet état de confusion, j’avais peut-être décidé d’aller courir, de faire du sport comme Stephan me l’avait conseillé.» Pour la cagoule, il a répété s’en servir à la chasse et qu’il avait croisé sa soeur alors qu’il la portait en septembre dans les vignes lors d’une chasse aux corbeaux avec un grand-duc.

Me Belou pour la partie civile, de manière solennelle, s’est adressé au presque quadragénaire : « C’est le moment de vérité, vous pensez aujourd’hui que votre mère peut comprendre ? »

« Non, elle ne peut pas, l’acte est tellement insensé qu’on ne peut pas le comprendre. Je ne peux pas le comprendre. Je l’ai fait mais ce n’est pas moi » a répondu avec difficulté Matthias Belmon.

« Pourtant, c’est vous » lui a rétorqué l’avocat cadurcien. Et l’accusé de répéter les épaules voûtées : « Oui, c’est moi mais cet acte est tellement horrible, insensé…je ne peux pas le comprendre. »

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