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20 ans de prison requis à l’encontre de Matthias Belmon


Le procès s’achève ce vendredi.

« Françoise, je plaide pour vous aujourd’hui. Vous avez attendu ce procès de toute votre âme pour que l’inimaginable devienne peut-être imaginable. La seule question que Françoise Belmon pose, c’est cette vérité. Elle est venue libre sans vengeance, sans haine. Je veux plaider à la hauteur d’une maman qui souffre ». Ces par ces mots que Me Laurent Belou, avocat de la partie civile, a commencé sa plaidoirie lors de la conclusion d’un procès fleuve. Il répètera l’incompréhension d’une mère « seule, sans Stephan, sans son regard bleu », devant le comportement de son fils cette nuit du 17 octobre : « Elle aurait aimé la vérité dans la bouche de Matthias. On ne répare pas l’irréparable. Il lui reste ses petits-enfants qui sont importants à ses yeux. Peut-être qu’un jour, elle pardonnera…Un jour…Que votre coeur est long à comprendre, que vous ayez assassiné votre soeur le 17 octobre 2011. »

L’avocat général, Nicolas Septe, en préambule, est allé droit au but : « L’excuse n’est pas de mon domaine. Je ne pense pas que l’accusé ait levé le voile sur ce huis clos sanglant. Matthias Belmon nous a présenté une version partiale et partielle de son geste. Je soutiendrai l’accusation en faveur de la préméditation du meurtre. » Il a ensuite énuméré « les choses qui ne collaient pas », « incompatibles avec un crime spontané » avant de donner son réquisitoire : « Je vous demande de le condamner à la peine de 20 ans de réclusion criminelle. La vie de Stephan Belmon méritait d’être vécue. »

Les avocats de la défense ont ensuite tour à tour plaidé. Me Maud Sécheresse a commencé fort : « On a assisté à un réquisitoire de caricature, d’une maladresse judiciaire considérable. » Puis elle a désigné Matthias Belmon : « Celui qui est derrière moi n’est pas un monstre. Matthias, c’est sensibilité et fragilité. C’est cet homme ordinaire qui a chuté. Les médicaments, ce n’est pas une excuse, jamais ça ne l’excusera mais ça l’explique. Matthias vivra toujours avec ça. »

Me Sébastien Schapira, a enchaîné et ne s’est pas montré tendre avec la procédure, « une enquête indigente, partiale et partielle » : « J’ai entendu de façon un peu effrayée, Monsieur l’avocat général nous parler de sa conviction, mais on s’en fiche de sa conviction, c’est la conviction des jurés qui nous intéresse.» Il est revenu sur le contexte, l’état de Matthias : « Peut-on imaginer que quelqu’un qui veut enlever la vie de sa soeur prenne un somnifère une heure avant ? Les paroles de sa soeur, « Tu es un minable », « Tu es un minable », ont été déterminantes. Ce n’est pas un assassin qui est venu, c’est une cocote minute, un volcan. Ces mots l’ont fait exploser. » Pour finir, il a repris la liste des objets retrouvés et a démonté leur interprétation par l’accusation.

« Il n’est pas Mesrine »

Me Georges Catala, s’est ensuite levé, entre Mirabeau et Danton, et a conclu les débats : « Je dédie mes propos à la soeur crucifiée et à la maman dans l’extrême douleur. J’ai pour mission de demander pardon une nouvelle fois. Ce garçon qui a frappé aux portes de l’enfer n’est pas celui que vous avez enfanté. Je dédie ma plaidoirie à Madame Belmon. Je réponds aux aspirations de la maman qui se dit ce n’est pas possible que j’ai enfanté un assassin. L’avocat général aurait pu nous faire du Simenon, du Clouzot, il nous a fait du Benjamin de la Patellière ! Quel mauvais scénario ! Monsieur l’avocat général vous avez demandé 20 ans à l’encontre de cet homme, c’est la même peine demandée par un avocat général parisien à l’encontre de Mesrine. Il n’est pas Mesrine et la peine demandée est extrêmement sévère. » L’avocat toulousain a ensuite décrit la maladie, la dépression qui a rongé l’accusé jusqu’à lui faire commettre l’irréparable. Il a également souligner l’absence de mobile puis s’est adressé aux jurés pour finir : « Vous êtes obligés de dire non ce n’est pas un assassin, il doit bénéficier de circonstances atténuantes. Je vous demande de rentre aux enfants Belmon leur papa le plus tôt possible. »

Matthias Belmon s’est ensuite levé pour les derniers mots du procès : « Je veux juste demander pardon.»

Les jurés se sont ensuite retirés pour délibérer.

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